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Mali : un ex-ministre et des responsables de la société d’énergie écroués

La justice malienne a déféré plusieurs responsables de l’entreprise Énergie du Mali, poursuivis pour « atteinte aux biens publics ». De même, un ancien ministre a été envoyé en prison pour les mêmes raisons.

C’est une affaire de malversations présumées qui secoue actuellement le Mali. Un ancien ministre et plusieurs cadres de la société nationale Énergie du Mali ont été placés sous mandat de dépôt par la Cour suprême. Ces responsables sont poursuivis pour « atteinte aux biens publics » dans une affaire présumée de malversations.

« Treize personnes ont été inculpées et mises sous mandat de dépôt, dans la nuit de lundi à mardi, par la Cour suprême, pour faux, usage de faux, atteinte aux biens publics », a indiqué une source de l’AFP. Celle-ci précise que les poursuites sont engagées dans une affaire d’achat de groupes électrogènes en vue de fournir de l’électricité à ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Arrestation de l’ex-ministre de l’Énergie

Parmi les personnes mises aux arrêts figurent Seydou Traoré, l’ex-ministre des Mines et de l’Énergie ainsi que deux anciens directeurs de la société Énergie du Mali. De même, plusieurs employés de la société nationale chargée de fournir de l’électricité aux populations ont été interpellés, en même temps que des opérateurs économiques.

Sur une population de près de 22 millions d’habitants, seules quelque 11 millions de Maliens ont accès à l’électricité, soit la moitié des citoyens maliens. La fourniture d’électricité est de plus en plus chaotique, plongeant les populations dans une situation d’exaspération totale. Malgré les efforts fournis par les différents gouvernements dans le cadre d’appuis budgétaires, la société EDM s’enlise avec une dette de l’ordre de 200 milliards de FCFA.

Mises en garde d’Assimi Goïta

Pire, l’entreprise nationale ne parvient plus à assurer la couverture en électricité de plusieurs localités maliennes et même de la capitale, Bamako. Des délestages sont récurrents et ces coupures peuvent durer jusqu’à 12 heures, dans certains quartiers de Bamako. Il arrive que des populations passent une nuit entière dans le noir, faute d’électricité.

Lors de ses vœux de fin d’année, le président de la Transition malienne avait déploré que « cette situation est consécutive à plusieurs années de mauvaise gestion et de manque de vision pour le développement de ce secteur stratégique ». Assimi Goïta avait d’ailleurs promis d’améliorer la fourniture de l’électricité non sans mettre en garde qu’il restera intransigeant sur la lutte contre la corruption.

Par: Alioune Diop / AFRIK.COM

INTERVENTION INSOLENCE ET ARROGANTE D’EMANUEL MACRON AU SOMMET DE VERSAILLES VIS À VIS DES NOIRS D’AFRIQUE : L’ex ministre malien Seydou Traoré, le recadre

« Décidément, les savants et philosophes français ont transmis à la classe politique contemporaine française, l’insulte, la condescendance et l’infantilisation du noir comme mode d’interaction avec l’Afrique. Et cela, depuis De Gaule, excepté peut-être Jacques Chirac.

Le 10 mars 2022, voilà qu’un nain politique et nullissime géostratégie, nommé Macron, modelé par les néo conservateurs américains, pétri de la philosophie du grand père Rotschild, puisqu’ayant fait ses armes dans une de leurs banques, vient une fois de plus insulter l’Afrique. En effet, ce monsieur, en campagne pour sa réélection (que je ne souhaite pas), a tenu devant les dirigeants de l’Union européenne réunis à Versailles (Yvelines), un discours paternaliste sur l’Afrique et de refus de reconnaître la responsabilité de celle-ci dans ses choix stratégiques.

Macron évoque les impacts possibles de la guerre de l’Ukraine sur l’Europe et sur l’Afrique et prévoit des pénuries alimentaires et énergétiques pour les deux continents. De quoi se mêle- t-il pour notre continent ? Pire, il prévoit pour l’Europe des mesures fortes pour l’indépendance énergétique et la souveraineté alimentaire, et pour l’Afrique, une série de mesures d’aides de l’Europe aux africains qui risquent de mourir de faim sans l’Europe. Pour lui, l’Afrique n’a pas besoin d’indépendance énergétique, ni de souveraineté alimentaire. Le continent doit rester à la botte de l’Europe, servile, quémandeur d’aides en tout genre !

Quelle arrogance ! Quel mépris ! Et tout ça dans l’indifférence de l’UA et des Organisations sous régionales africaines, qui ne pipent mot ! La posture de Macron se comprend à travers les trois aspects ci-dessous qui façonnent les rapports de la France à l’Afrique.

Premier aspect. La France est une puissance coloniale, historiquement raciste et déshumanisante. Ce passé colonial a structuré la conscience collective des institutions de la France et de sa gouvernance fortement imprégnée par les pensées et les philosophies de ses grands hommes historiques, de littérature, des sciences et de la culture. Or, ils ne sont pas nombreux, ceux parmi eux qui n’ont pas théorisé sur le statut d’animal ou de meuble du noir et de l’avoir enseigné dans les universités ou défendu lors de colloques et séminaires scientifiques. Les adeptes les plus connus de cette théorie infamante sont entre autres :

Voltaire (1694-1778) : « Les blancs sont supérieurs à ces nègres, comme les nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres ».

Jules Ferry (1832 – 1896) : « Je vous défie de soutenir jusqu’au bout votre thèse qui repose sur l’égalité, la liberté, l’indépendance des races inférieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ».

Victor Hugo (1802 – 1885) : « Que serait l’Afrique sans les blancs ? Rien ; un bloc de sable ; la nuit ; la paralysie ; des paysages lunaires. L’Afrique n’existe que parce que l’homme blanc l’a touchée ».

Montesquieu (1689 – 1775) : « On ne peut se mettre à l’idée que Dieu qui est un être sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans tout corps noir. (…) Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes. On commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens ».

Des auteurs que nous avons étudiés à l’école au Mali et en Afrique, et cités dans nos parcours professionnels sans jamais faire le parallèle avec leur vision dégradante de la race noire. Sans jamais nous poser la question, pourquoi le policier et le militaire français, le politique français, les locataires de l’Elysée, du Quai d’Orsay, de l’Hôtel de Brienne n’ont aucun respect pour le noir, viscéralement, sans qu’ils en soient toujours conscients ! Leur subconscient est façonné par ces théories et les pratique de l’esclavage et de la colonisation.

Les preuves contemporaines de cette influence sur la conscience collective de la diplomatie française en Afrique sont légion:

  1. Le courroux du Général De Gaule quand les pays africains ont revendiqué ou quémandé leur indépendance selon les cas, le système de la France-Afrique érigé en mode de gestion du pré carré français,
  1. l’insultante déclaration de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007, 150 ans après Victor Hugo, affirmant que l’Afrique n’a pas d’histoire. (Discours sur la colonisation de Victor Hugo en 1879, « Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique à son histoire, l’Australie elle-même à son histoire ; l’Afrique n’a pas d’histoire. Une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe ». (…)

« Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. À qui ? À personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la). Ce discours n’a jamais été enseigné en Afrique et pour cause !

  1. Les preuves les plus récentes de cette conscience collective colonialiste des institutions françaises est la posture arrogante et faite de mépris de Macron:
  1. face au racisme contre les noirs en France, alors qu’à travers le monde, la condamnation du racisme est unanime au sommet de l’État et des symboles de cette page noire de l’humanité sont détruits ou remisés dans des musées comme en Allemagne. Macron reste droit dans ses bottes, parce que la « vie des noirs ne compte pas »! Il vient de renforcer cette posture par le renvoi du gouvernement d’un ministre de l’intérieur Christophe Castaner sensible à la cause des minorités et son remplacement par Gérald Darmanin, un sarkoziste bon teint, bon genre.Il n’aime pas les minorités et est sur la sellette pour un viol présumé. Le premier ministre Jean Castex, lui-même sarkoziste, dans sa déclaration de Politique Générale à l’assemblée nationale française, a développé une rhétorique digne d’un discours de campagne de Nicolas Sarkozy, cherchant à débaucher des électeurs de l’extrême droite. Pour les institutions françaises au subconscient colonial, la vie des noirs ne compte pas !
  1. Les différentes postures de Le DRIAN et de Florence Parly face au choix souverain du Mali de diversifier son partenariat dans le cadre de la défense de son territoire,
  2. L’insultante adresse de Macron à l’endroit de la transition du Mali et de ses autorités, notamment, le Premier Ministre et le Président.

Deuxième aspect. La France, le pays où le noir esclave était un objet selon le code noir, a versé des compensations  aux  propriétaires d’esclaves au XIXe siècle à l’abolition de l’esclavage.

À l’abolition de l’esclavage de 1848, ce sont 10 000  propriétaires d’esclaves qui ont reçu à partir de 1849 des indemnités de 126 millions de francs or (1,3 %du revenu national, soit l’équivalent de 27 milliards d’euros d’aujourd’hui). ( Coumba Kane et Julien Bouissou, Publié le 07 mai 2021 en ligne dans le cadre du projet « Repairs », une base de données détaillant les indemnités versées par l’Etat français aux propriétaires d’esclaves). (Coumba Kane  et Julien Bouissou, projet « Repairs », une base de données détaillant les indemnités versées par l’Etat français aux propriétaires d’esclaves).

Où sont le respect et la décence ?

Historiquement, la France est mal placée pour parler de décence au Mali.

Troisième aspect. La France est un pays qui forme son élite pour perpétuer l’empire colonial et faire vivre le néo colonialisme.

En effet l’enseignement supérieur français se caractérise par l’existence de structures d’enseignement supérieur en dehors des universités ; dites grandes écoles qui sont généralement estimées être la formation « naturelle » des élites politiques, administratives et économiques en France. Ces grandes écoles sont peu enclines à la formation sur l’éthique, la déontologie, et aux fondements du droit. Ces disciplines sont absentes dans les enseignements des classes préparatoires scientifiques. Elles constituent un outil de reproduction sociale (Wikipedia). Selon les journalistes Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter, auteurs de Grandes écoles, la fin d’une exception française, elles créent une micro-élite, « qui se serre les coudes à la tête des grandes entreprises et ne s’ouvre pas aux talents extérieurs ni ne se remet en cause ». (Wikipedia)

Une étude sur la démocratisation des grandes écoles publiée le 19 janvier 2021, démontre que la part des étudiants les plus défavorisés socialement n’a jamais dépassée 10 % des élèves alors qu’elle représente 36 % de cette classe d’âge et 20 % des étudiants de niveau bac + 3 à bac + 5 à l’université. À l’inverse, les étudiants issus de catégories socio-professionnelles très favorisées représentent 64 % des effectifs, avec des inégalités géographiques favorables aux jeunes franciliens. Alors, jeunes du Mali, ne soyez pas surpris de l’insolence et de l’inculture des Sarkozy, Macron et autres Le Drian et Florence Parly. Il faut rappeler tout juste que ces grandes  écoles ont été créées par l’État au milieu du  xviiie  siècle ,  dans le but de fournir les cadres techniques et militaires des grands corps de l’État : les Forces armées françaises, le corps des Mines, des Télécommunications, des Eaux et des forêts, de l’Administration centrale, des Ponts et chaussées, de l’Agriculture, des Ports et arsenaux, de la Science vétérinaire, de l’Enseignement, etc. Jeunes du Mali, voilà en majorité l’interface entre le Mali et la France. Des cadres formés par l’empire colonial, pour l’empire colonial.

Voilà la trame historique des relations entre la France et l’Afrique et qu’elle veut vendre à l’Europe. À l’Afrique de se libérer. Le ton est donné au Mali par la transition, si elle échoue à redresser le Mali, c’est toute l’Afrique qui sera enterrée ».

 

Seydou Traoré,
ancien ministre Malien