ANNULATION DU CONCERT D’IBA ONE À PARIS : QUAND LA PRÉTENTION NE SUFFIT PLUS À REMPLIR LES SALLES
Annoncé comme un événement majeur, le concert du rappeur malien IBA ONE prévu le 5 juillet 2025 au Zénith Paris – La Villette a été annulé. Derrière cette décision, une vérité dérangeante : l’artiste, autrefois auréolé de gloire à Bamako, n’a plus aujourd’hui l’aura nécessaire pour remplir les salles, ni au Mali, ni en France.
Deux versions, une même conclusion : l’échec d’une mobilisation
Le Zénith Paris a annoncé l’annulation du concert avec sobriété. Puis l’artiste et la production ont publié chacun leur communiqué officiel. Iba One évoque des manquements logistiques : non-paiement de la salle, de la sécurité, des billets d’avion, etc. Jaguar Diffusion, elle, évoque un niveau de préventes dramatiquement insuffisant.
Les deux versions sont complémentaires. Les paiements nécessaires pour assurer le spectacle n’ont pas été honorés, tout simplement parce que les recettes prévues n’ont jamais été encaissées. Sans billetterie, pas de trésorerie. Sans trésorerie, pas de concert. Une mécanique implacable.
Un miroir de la réalité : IBA ONE face à sa propre perte de vitesse
Iba One a beau rappeler, dans sa vidéo promotionnelle en bambara publiée quelques heures avant l’annulation, qu’il a « rempli deux fois le stade du 26 mars », la réalité est désormais différente.
À Bamako, il peine aujourd’hui à remplir même des salles moyennes. À Paris, la communauté malienne ne suit plus aveuglément les artistes de l’époque. Le public, plus exigeant, cherche du fond, du renouvellement, une présence artistique réelle, pas seulement des slogans de suprématie rapologique.
L’échec d’un modèle nostalgique
L’artiste et l’organisateur semblaient avoir parié sur un public malien de France encore nostalgique, prêt à dépenser pour le « roi Kankou Moussa du rap malien ». Mais ce pari s’est heurté à une réalité glaciale :
️ Le nom IBA ONE ne vend plus.
Le storytelling d’hier ne suffit plus.
Le mythe s’effrite, et le public, lui, passe à autre chose.
Vers une nécessaire remise en question artistique
Ce qui est arrivé au Zénith Paris doit sonner comme une alerte stratégique pour l’artiste. Il ne s’agit pas seulement d’un problème d’organisation : c’est un signal de marché. La fanbase s’est effritée. La musique n’évolue plus. L’image publique reste figée dans les exploits passés.
Si Iba One veut continuer à exister artistiquement, il devra se réinventer, reconstruire une base, reconnecter avec les réalités d’un public plus mature, plus exigeant et bien plus connecté qu’il y a dix ans.
Conclusion : Paris ne pardonne pas le vide
Ce n’est pas une annulation logistique. C’est un désaveu symbolique. Paris ne pardonne pas l’approximation. La diaspora malienne en Île-de-France est lucide. Elle n’achète plus du rêve. Elle veut du contenu, du vrai, du talent.
En 2025, le nom seul ne fait plus la légende.
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