‍♂️ EXCLUSIF | Passeport AES : Un symbole de souveraineté… fabriqué en France ?

Deux mois après son lancement, le passeport biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES) suscite la fierté officielle. Mais à y regarder de plus près, son origine fabricant soulève de sérieuses contradictions. Derrière le discours panafricain, des intérêts étrangers ? Enquête.

Un passeport « souverainiste » sous-traité à l’étranger

Le 29 janvier 2025, les autorités maliennes lancent en grande pompe le tout premier passeport de l’AES , arborant fièrement les couleurs de la rupture avec la CEDEAO. Présenté comme un symbole d’émancipation , ce document est pourtant, selon Jeune Afrique , fabriqué par une société française .

L’ironie ? Cette information survient alors même que les relations diplomatiques entre Bamako et Paris sont au plus bas . La souveraineté peut-elle reposer sur des bases technologiques étrangères ?

IDEMIA, l’ombre française derrière les données maliennes ?

Selon plusieurs sources, la société IDEMIA , anciennement Oberthur Technologies , serait liée à la production du passeport malien depuis au moins 2016. Un contrat de 10 ans aurait été signé sous le régime d’IBK.

« Le Mali accuse IDEMIA de bloquer sa base de données électorales », révélait déjà l’agence Ecofin en septembre 2023, entraînant un repport des élections.

IDEMIA est détenue par le fonds d’investissement Advent International , une firme américaine, et Bpifrance , la banque publique d’investissement française. Une souveraineté sous-traitée aux puissances occidentales ?

Et Snedai dans tout ça ?

Le groupe Snedai , basé à Abidjan et fondé par Adama Bictogo , président de l’Assemblée nationale ivoirienne, contrôle depuis des années la production des passeports en Côte d’Ivoire. Des rumeurs persistantes évoquent une possible implication dans l’appel d’offre malien à la fin du régime IBK. À ce jour, aucune preuve officielle ne le confirme , mais les soupçons persistent.

Pas encore reconnu par Schengen

Le nouveau passeport AES, bien qu’en circulation, n’est toujours pas reconnu par les autorités françaises , faute de transmission des spécimens pour authentification, selon APA News . Une faille administrative ou un boycott symbolique ?

⚖️ Souveraineté assurée vs dépendance cachée

À qui appartiennent nos identités numériques ? Qui détient nos empreintes, nos iris, nos traces biométriques ? L’Afrique peut-elle conquérir sa liberté si ses données sont hébergées, traitées et sécurisées ailleurs ? Le passeport AES pose une question plus large : celle de la souveraineté numérique réelle .

Conclusion de l’enquête : Une souveraineté déclarée, mais technologiquement sous contrôle

Après analyse des sources disponibles, récupération d’articles de presse, de contrats passés et de témoignages officieux, l’enquête ne permet pas de confirmer avec certitude que le passeport AES est actuellement fabriqué par IDEMIA .
Cependant, des éléments concordants montrent que la chaîne de production du passeport reste sous contrôle d’acteurs étrangers, notamment européens. Cela inclut :

  • un précédent contrat malien de dix ans avec IDEMIA (signé sous IBK),

  • une dépendance technique persistante à des technologies biométriques externalisées,

  • un retard administratif lié à la non-transmission de spécimens aux autorités européennes (source : APA News ),

  • et aucune annonce officielle sur la relocalisation de la production ou la souveraineté technologique réelle du Mali dans ce domaine.

La question « Le passeport AES est-il fabriqué en France ? » appelle donc cette réponse nuancée : Il est conçu comme un symbole de souveraineté, mais reste tributaire d’infrastructures, de technologies et de décisions extérieures.

Ce n’est donc pas uniquement le pays de fabrication qui pose problème , mais l’absence d’un écosystème africain de maîtrise technologique.
C’est là que la bataille pour la souveraineté doit désormais se jouer.

CHUTE – Réflexion finale :

Derrière les drapeaux flamboyants de l’AES se cachent des câbles, des serveurs, des protocoles cryptés, souvent détenus hors d’Afrique. Un continent qui ne contrôle pas sa technologie est-il libre ?

« La liberté ne s’imprime pas sur un passeport. Elle se construit sur nos serveurs, nos cerveaux, nos choix. »Boubakar Sidibé

PARTICIPEZ À L’ENQUÊTE

Avez-vous tenté d’utiliser un passeport AES pour voyager ?
Avez-vous des images, documents ou témoignages à partager ?
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Boubakar SiDiBÉ Journaliste, Photographe, vidéaste, Digital Content Producer, Spin doctor, expert en gestion de notoriété.

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