MASA 2026 : deux talents maliens à l’affiche — Amy Yerewolo et la Cie N’ga Bolo Hen sélectionnés à Abidjan
MASA 2026 : deux talents maliens à l’affiche — Amy Yerewolo et la Cie N’ga Bolo Hen sélectionnés à Abidjan
Le Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan (MASA) a dévoilé, lors d’une conférence de presse officielle,
la sélection du MASA 2026. Au cœur de cette annonce internationale, le Mali place
deux noms en bonne place : la rappeuse Amy Yerewolo, figure majeure du rap malien, et la
Cie N’ga Bolo Hen, troupe de conte et de théâtre issue de la riche tradition orale malienne.
Deux présences qui confirment la vitalité d’une scène culturelle malienne en quête de visibilité, de réseaux et
de reconnaissance internationale.
À la Maison du MASA, à Abidjan, la salle est pleine : journalistes, programmateurs, artistes,
responsables d’institutions culturelles et partenaires s’y retrouvent pour découvrir la nouvelle cartographie du
spectacle vivant africain. La conférence de presse dévoile officiellement deux listes très attendues :
39 artistes et groupes programmés au MASA Festival 2026 et 60 compagnies et troupes
sélectionnées pour le MASA Marché 2026, issues de dizaines de pays du continent et de la diaspora.
Dans ce paysage foisonnant, le nom du Mali résonne à deux reprises. En musique, avec
Amy Yerewolo, pionnière du rap féminin malien, inscrite dans la catégorie « Musique ».
En conte et théâtre, avec la Cie N’ga Bolo Hen, retenue pour son spectacle
Noura. Deux écritures, deux esthétiques, mais une même responsabilité : porter haut les couleurs du Mali
sur une scène où se rencontrent diffuseurs, programmateurs, directeurs de festivals et médias internationaux.
Une sélection internationale où le Mali trouve sa place
Selon les documents officiels du MASA 2026, 1 866 dossiers de candidatures,
en provenance de 51 pays, ont été examinés pour aboutir à la sélection finale de
60 compagnies pour le Marché et de 39 groupes pour le Festival.
Le Comité artistique international (CAI) — composé de professionnels des arts vivants issus d’Afrique,
d’Europe, d’Amérique et d’Asie — évalue chaque projet selon des critères stricts : qualité artistique,
originalité, faisabilité technique, professionnalisme des équipes, équilibre géographique et diversité
disciplinaire.
Cette méthodologie rigoureuse donne un poids particulier à la présence de chaque pays. Dans ce contexte,
voir figurer le Mali parmi les sélectionnés n’a rien d’anecdotique : c’est la preuve que,
malgré les crises politiques et sécuritaires, les scènes maliennes continuent de produire des artistes
capables de se hisser au niveau des exigences internationales.
Amy Yerewolo, voix majeure du rap malien sur la scène du MASA
Le choix d’Amy Yerewolo dans la catégorie « Musique » est tout sauf une surprise pour
ceux qui suivent l’évolution des cultures urbaines au Mali. Rapporteuse des réalités sociales maliennes,
cette artiste s’est imposée comme l’une des rares femmes à s’inscrire durablement dans un paysage hip-hop
longtemps dominé par les hommes. Plusieurs médias internationaux la décrivent comme une
pionnière du rap féminin au Mali, portée par une écriture engagée, féministe et
résolument panafricaine. :contentReference[oaicite:0]{index=0}
Née à Bamako, Amy Yerewolo s’est fait remarquer par ses textes sans concessions sur la condition des femmes,
les inégalités sociales, la précarité des jeunes et les violences faites aux filles. Elle multiplie les
collaborations, défend la liberté de parole dans le rap et refuse l’idée que les femmes devraient se cantonner
à des registres « doux » ou « traditionnels ». Son flow puissant, sa présence scénique et sa maîtrise du
bambara, du français et parfois de l’anglais font d’elle l’une des voix les plus singulières de la région.
Signe particulier : Amy Yerewolo ne se contente pas d’occuper la scène, elle la structure. Elle est
à l’origine du festival « Le Mali a des rappeuses », événement dédié à la visibilité des
artistes féminines dans le hip-hop malien, qui fait désormais figure de rendez-vous emblématique pour une
nouvelle génération de rappeuses du Sahel. :contentReference[oaicite:1]{index=1}
Sa présence au MASA 2026 n’est donc pas seulement une opportunité de concert : c’est la reconnaissance
institutionnelle d’un parcours construit patiemment, loin des projecteurs faciles mais au plus près des
réalités sociales maliennes. Sur la scène d’Abidjan, Amy Yerewolo portera une parole féminine, urbaine et
contestataire, qui dit aussi l’énergie créative d’un Mali trop souvent réduit à ses crises.
Cie N’ga Bolo Hen : quand le conte malien rencontre le Marché du MASA
Le deuxième nom malien à figurer dans les documents officiels du MASA Marché 2026 est celui de
la Cie N’ga Bolo Hen, sélectionnée dans la catégorie « Conte » pour le spectacle
Noura. Basée à Bamako, cette compagnie s’inscrit dans la continuité des grandes traditions de
griots, conteurs, marionnettistes et chanteurs qui font de la parole une œuvre en mouvement.
Autour de son siège, situé à Baco-Djcioroni à Bamako, l’association culturelle
N’ga Bolo Hen organise ateliers, formations et activités autour des arts du conte, de la marionnette et de la
transmission intergénérationnelle. Des initiatives qui rassemblent enfants, adolescents et artistes confirmés
pour travailler la prise de parole, la créativité et la mémoire des récits populaires maliens. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
En portant Noura au MASA, la compagnie arrive au cœur d’un espace où le conte africain se confronte
à des enjeux très concrets : comment vendre un spectacle de récit oral à des programmateurs étrangers ? Comment
adapter l’intimité de la parole à la scène internationale, tout en conservant son souffle et ses silences ?
La sélection de N’ga Bolo Hen signifie que le CAI voit dans ce projet malien une proposition suffisamment
structurée, exportable et porteuse de sens pour trouver sa place dans les circuits professionnels.
Pour le Mali, un enjeu de visibilité et de diplomatie culturelle
La double présence malienne au MASA 2026 intervient dans un contexte délicat pour le pays, marqué par des
tensions politiques, sécuritaires et économiques. Sans entrer dans les polémiques, l’on peut rappeler que,
dans les périodes de crise, la culture devient souvent un terrain de respiration, de lien
social et de rayonnement extérieur.
En se déployant à Abidjan, Amy Yerewolo et la Cie N’ga Bolo Hen portent une autre image du Mali : celle d’un
pays qui continue à créer, à raconter, à rapper, à inventer de nouvelles formes, à structurer des compagnies,
des festivals, des associations. Leur présence au MASA 2026 est aussi une forme de diplomatie
culturelle : elle rappelle que le Mali n’est pas uniquement un territoire de conflits, mais un
laboratoire permanent de musiques, de récits, de langues et de gestes artistiques.
Sur place, ces artistes auront l’occasion de rencontrer des programmateurs de festivals européens, africains,
américains ou asiatiques, de tisser des réseaux, d’ouvrir des perspectives de tournées, de résidences et de
co-productions. Chaque échange, chaque carte de visite, chaque invitation potentielle pèse lourd dans la
structuration des carrières — surtout pour des artistes venant de pays où les infrastructures culturelles
restent fragiles.
Des modèles pour une nouvelle génération d’artistes maliens
Pour la jeune génération malienne, la participation d’Amy Yerewolo et de la Cie N’ga Bolo Hen au MASA 2026
joue aussi un rôle symbolique. Elle rappelle qu’il est possible, depuis Bamako et les régions, de bâtir une
trajectoire qui mène jusqu’aux grandes scènes internationales, à condition de travailler la qualité artistique,
la rigueur professionnelle et la capacité à dialoguer avec des réseaux extérieurs.
Dans un pays où de nombreux jeunes rêvent de musique, de théâtre ou de slam, voir une rappeuse et une compagnie
de conte franchir ce seuil est un signal fort : les arts du spectacle ne sont pas qu’un loisir, ils
peuvent devenir une profession, un secteur économique, une manière de faire exister des récits
collectifs et de construire un avenir.
Documents officiels : les listes complètes des artistes et compagnies du MASA 2026
Les listes officielles des artistes et compagnies sélectionnés pour le MASA 2026 sont consultables directement
ci-dessous, via les documents mis en ligne par Mali Buzz TV :
- Communiqué de presse — MASA FESTIVAL 2026, liste des groupes sélectionnés
- Liste officielle des 60 compagnies et troupes artistiques sélectionnées pour le MASA Marché 2026
Chute : quand la scène raconte un autre Mali
En avril 2026, lorsque les lumières du MASA s’allumeront sur Abidjan, le Mali ne sera pas seulement un nom sur
une carte ou un sujet de géopolitique. Il prendra la forme d’un beat de rap porté par Amy Yerewolo, d’une
histoire murmurée puis projetée sur scène par la Cie N’ga Bolo Hen, d’applaudissements et de rencontres de
couloir, de fiches techniques, de mails échangés après le festival.
Derrière ces deux présences, c’est tout un pays qui se donne le droit de rêver à nouveau par la culture. Un
Mali qui rappe, qui raconte, qui négocie, qui exporte ses imaginaires. Un Mali qui, malgré les incertitudes,
continue de faire du théâtre de son histoire un espace de création et d’espérance.
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© Boub’s SiDiBÉ | Mali Buzz TV — Tous droits réservés
Boub’s SiDiBÉ connu a l’etat-civile sous l’appellation Boubakar Sidibé, est photojournaliste, producteur de contenus et spécialiste des dynamiques sociopolitiques du Sahel. Il travaille sur les enjeux politiques, culturels et sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
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MASA 2026 : deux talents maliens à l’affiche — Amy Yerewolo et la Cie N’ga Bolo Hen sélectionnés
Le MASA 2026 à Abidjan accueille deux représentants maliens : la rappeuse Amy Yerewolo en musique
et la Cie N’ga Bolo Hen dans la catégorie conte, avec le spectacle Noura.
La sélection officielle du MASA 2026 confirme la place du Mali dans la cartographie des arts du spectacle
africains. Sur des milliers de candidatures venues de 51 pays, 39 artistes ont été retenus pour le Festival
et 60 compagnies pour le Marché. Le Comité artistique international (CAI) a privilégié la qualité artistique,
l’originalité et la capacité des projets à circuler sur les scènes internationales.
Figure majeure du rap malien, Amy Yerewolo est reconnue comme une pionnière du rap féminin et fondatrice
du festival « Le Mali a des rappeuses ». Sa participation au MASA 2026 lui offre une vitrine
internationale supplémentaire et symbolise la montée en puissance des cultures urbaines maliennes.
La Cie N’ga Bolo Hen, basée à Bamako, travaille sur le conte, la marionnette et la transmission de la
tradition orale. Sélectionnée avec le spectacle Noura dans la catégorie conte du MASA Marché,
elle incarne la continuité d’un art de la parole qui se professionnalise et cherche de nouveaux publics.
Pour le Mali, cette double présence au MASA 2026 est un enjeu de visibilité, de réseaux et de diplomatie
culturelle, dans un contexte où les artistes jouent un rôle clé dans le maintien du lien social et dans le
rayonnement du pays à l’international.
