Destitution du GĂ©nĂ©ral dâArmĂ©e Assimi GOĂTA : La Cour constitutionnelle se dĂ©clare incompĂ©tente
âïž Par un arrĂȘt officiel datĂ© du 18 juin 2025, la plus haute juridiction constitutionnelle du Mali rejette une requĂȘte visant la destitution du chef de lâexĂ©cutif de la Transition, en se dĂ©clarant incompĂ©tente Ă en connaĂźtre.
Le 18 juin 2025, la Cour constitutionnelle du Mali a tranchĂ© : elle nâest pas compĂ©tente pour se prononcer sur une requĂȘte visant la destitution du GĂ©nĂ©ral dâArmĂ©e Assimi GOĂTA. Un arrĂȘt qui prĂ©cise les contours juridiques de la responsabilitĂ© prĂ©sidentielle en pĂ©riode de transition.
UNE REQUĂTE INĂDITE CONTRE LE POUVOIR TRANSITOIRE
Le 19 mai 2025, Monsieur SaĂŻdou dit Cheickna Diallo dĂ©posait une requĂȘte devant la Cour constitutionnelle demandant la destitution du GĂ©nĂ©ral dâArmĂ©e Assimi GOĂTA, PrĂ©sident de la Transition.
Il invoquait notamment une violation du serment prĂ©sidentiel, quâil assimilait Ă un cas de haute trahison tel que prĂ©vu par lâarticle 73 de la Constitution.
âïž LâARRĂT DE LA COUR : UNE LIMITE CLAIRE
Par son arrĂȘt n°2025-02/CC du 18 juin 2025, la Cour rappelle que lâarticle 73 de la Constitution prĂ©voit une procĂ©dure spĂ©cifique : seule une rĂ©union conjointe du Parlement en CongrĂšs ad hoc, prĂ©sidĂ©e par le PrĂ©sident de la Cour suprĂȘme, peut destituer un PrĂ©sident pour haute trahison. La majoritĂ© des trois quarts est requise.
La Cour conclut donc quâelle nâa pas compĂ©tence Ă juger ce type de requĂȘte, en lâabsence de Parlement fonctionnel.
DISPOSITIONS DE LâARRĂT
- Article 1er : La Cour se déclare incompétente ;
- Article 2 : LâarrĂȘt est notifiĂ© au requĂ©rant et publiĂ© au Journal Officiel.
MEMBRES DE LA COUR
Ont siégé à Bamako :
- Président : Beyla BA
- Conseillers : Mohamed Abdourahamane MAIGA, KEITA Djénéba KARABENTA, Aser KAMATE, DOUCOURE Kadidia TRAORE, Maliki IBRAHIM, Demba TALL
- Greffier en chef : Me Abdoulaye MâBODGE, Chevalier de lâOrdre National
ANALYSE : UNE LECTURE JURIDIQUE SANS DĂRIVE
En se dĂ©clarant incompĂ©tente, la Cour constitutionnelle respecte lâesprit de la Constitution, tout en soulignant les limites procĂ©durales imposĂ©es par le contexte transitoire.
Cet arrĂȘt pose implicitement une question : quelles sont les voies disponibles pour exprimer et encadrer des recours citoyens dans un cadre institutionnel partiellement suspendu ?
CONCLUSION
Au-delĂ du cas prĂ©cis, cette affaire met en lumiĂšre les limites juridiques objectives liĂ©es Ă la configuration transitoire actuelle. La dĂ©cision de la Cour souligne la nĂ©cessitĂ© dâun cadre institutionnel complet et fonctionnel pour garantir la lisibilitĂ©, la recevabilitĂ© et le traitement des recours.
Une jurisprudence Ă suivre pour comprendre les marges de manĆuvre du droit constitutionnel dans un contexte dâexception.
â Boubakar SidibĂ©
PhotoJournaliste & RĂ©dacteur en chef â Mali Buzz TV
