Mali : Le retrait du groupe Wagner et la montée en puissance de l’Africa Corps
Une transition stratégique sous contrôle du ministère russe de la Défense
Le 6 juin 2025, la chaîne Telegram Grey Zone, affiliée au groupe Wagner, a annoncé le retrait de ses forces du Mali, déclarant avoir accompli leur mission après trois ans et demi de présence. Cette décision marque une étape significative dans la réorganisation de la présence militaire russe en Afrique, avec le remplacement progressif de Wagner par l’Africa Corps, une entité paramilitaire placée sous le contrôle direct du ministère russe de la Défense.
De Wagner à l’Africa Corps : une transition sous haute surveillance
Le retrait de Wagner ne signifie pas un désengagement de la Russie au Mali. Au contraire, l’Africa Corps prend le relais, consolidant la présence russe dans la région. Cette nouvelle structure vise à renforcer les liens avec les autorités maliennes et à poursuivre les opérations de lutte contre les groupes jihadistes.
Selon des sources militaires, l’Africa Corps a déjà déployé plusieurs centaines de soldats au Mali, notamment à Bamako et dans le centre du pays, tandis que les anciens membres de Wagner opéraient principalement dans le nord. Cette répartition géographique témoigne d’une stratégie visant à couvrir l’ensemble du territoire malien.
Un contexte sécuritaire toujours préoccupant
Malgré ces changements, la situation sécuritaire au Mali reste instable. Les attaques de groupes jihadistes, tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), se multiplient, mettant à rude épreuve les forces armées maliennes et leurs alliés russes. En juillet 2024, une embuscade à Tinzaouatène a coûté la vie à 84 mercenaires russes et 47 soldats maliens, soulignant les défis persistants dans la lutte contre le terrorisme.
Des implications géopolitiques majeures
La transition de Wagner à l’Africa Corps s’inscrit dans une stratégie plus large de la Russie pour renforcer son influence en Afrique, notamment au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger. En avril 2025, les ministres des Affaires étrangères de ces pays se sont rendus à Moscou pour discuter d’une coopération militaire accrue, avec le soutien de la Russie à la formation d’une force conjointe de 5 000 hommes.
Conclusion
Le départ de Wagner et la montée en puissance de l’Africa Corps pourraient signaler le début d’une nouvelle ère dans la stratégie russe au Sahel. Si cette réorganisation rassure par sa structure étatique, elle sera jugée à l’aune de son efficacité sur le terrain. Dans une région minée par l’insécurité et la défiance internationale, chaque pas militaire reste scruté, chaque échec exploité. L’Afrique, plus que jamais, reste un champ d’influence géopolitique brûlant.
