Politique : Aliou Boubacar Diallo, l’homme sur qui doivent compter les Maliens aprùs la transition

Serial-entrepreneur, l’homme d’affaires malien a sautĂ© le pas en politique avec son parti l’Alliance dĂ©mocratique pour la paix – Maliba. ArrivĂ© en troisiĂšme position en 2018, il pourrait Ă  nouveau ĂȘtre candidat lors de la prĂ©sidentielle qui devrait se tenir au terme de la transition.

S’il y a aujourd’hui un homme qui se soucie du bien-ĂȘtre des populations maliennes et de l’avenir radieux de son pays depuis plus de trente ans, c’est bel et bien Aliou Boubacar Diallo. En effet, de Kayes en passant par Bamako jusqu’à Kidal, l’homme est connu dans l’humanitaire et sa participation dans la vie Ă©conomique du pays Ă  travers ses multiples entreprises Ă  Kayes, Ă  Bamako et dans le Wassoulou. Avant de se lancer dans la politique, Aliou Boubacar Diallo s’est fait remarquer partout dans le pays Ă  travers plusieurs actions Ă  savoir la construction des routes, des digues, des forages d’eau, la construction des mosquĂ©es, des centres de santĂ©, d’écoles, de pavages de rues, le paiement de salaires d’enseignants et d’Imams. Et pour pĂ©renniser cela Ă  jamais mĂȘme aprĂšs lui, une fondation a Ă©tĂ© créée pour continuer les actions humanitaires dans le but de soulager les populations particuliĂšrement celles des plus dĂ©munies.

ArrivĂ© comme 3e lors de l’élection prĂ©sidentielle 2018 (mĂȘme si bon nombre d’observateurs avaient estimĂ© qu’il Ă©tait arrivĂ© 2e ) derriĂšre le prĂ©sident sortant d’alors et vu toutes les actions qu’il ne cesse de mener avant et aprĂšs 2018, les maliens doivent choisir Aliou Boubacar Diallo s’ils veulent rĂ©ellement un vrai changement en vue de redonner un vrai espoir Ă  tout un peuple meurtri aprĂšs trente ans de pratique dĂ©mocratique qui a conduit Ă  l’enlisement du pays Ă  partir de 2012 avec deux coup d’état absurdes.

Face aux futurs enjeux cruciaux, certains mouvements, associations et partis politiques entendent apporter leur soutien pour faire Ă©lire le prĂ©sident d’honneur du parti ADP-Maliba. Plusieurs de ces responsables reconnaissent Ă  Aliou Diallo sa clairvoyance, son souci permanent du Mali et sa capacitĂ© Ă  gouverner le pays avec honneur, dignitĂ© et respect.

« HydrogĂšne naturel ». Ce terme ne vous est peut-ĂȘtre pas familier mais, pour certains chercheurs, ce pourrait ĂȘtre l’une des sources d’énergie du futur. Peu cher Ă  exploiter, il a aussi l’avantage d’ĂȘtre non polluant. Si les pays dĂ©veloppĂ©s commencent Ă  peine Ă  s’intĂ©resser Ă  ce trĂ©sor Ă©cologique prĂ©sent dans les sols, au Mali, un homme investit dans ce secteur depuis une dizaine d’annĂ©es. Recherche scientifique, exploration, transformation de l’hydrogĂšne naturel en Ă©nergie
 La sociĂ©tĂ© Hydroma de l’homme d’affaires malien Aliou Boubacar Diallo fait figure de pionniĂšre au niveau mondial. « Lorsque nous avons dĂ©couvert l’hydrogĂšne naturel, beaucoup disaient que cela ne servait pas Ă  grand-chose. J’ai fait appel Ă  des sociĂ©tĂ©s pour voir s’il Ă©tait possible d’en faire de l’électricitĂ©. Nous avons rĂ©ussi les tests de production avec une unitĂ© pilote installĂ©e en 2012, raconte Aliou Boubacar Diallo. Puis, pendant sept ans, nous avons rĂ©ussi Ă  produire de l’électricitĂ© dĂ©carbonĂ©e qui alimente les places publiques, les salles de priĂšre et le domicile du chef de village de BourakĂ©bougou, Ă  une soixantaine de kilomĂštres Ă  l’ouest de Bamako. »

La manne des dettes souveraines

Depuis, sa sociĂ©tĂ© s’est aussi tournĂ©e vers l’hydrogĂšne vert, fabriquĂ© Ă  partir d’eau et d’électricitĂ© issue d’énergies renouvelables. L’homme d’affaires en est sĂ»r, « l’hydrogĂšne est une source d’énergie considĂ©rable pour le futur, et l’Afrique aura sa part Ă  jouer dans la transition Ă©cologique ».

Pour ce qui est des affaires, Aliou Boubacar Diallo a du flair. Il est considĂ©rĂ© comme l’un des hommes les plus riches du Mali, mais Ă©lude avec courtoisie les questions sur le montant de sa fortune. S’il glisse simplement qu’Hydroma vaut « quelques milliards de dollars », Aliou Boubacar Diallo parle volontiers de ses origines modestes. NĂ© en novembre 1959 Ă  Kayes, dans l’ouest du Mali, il est le deuxiĂšme d’une fratrie de 19 enfants. Son pĂšre cheminot Ă©tait polygame. AprĂšs l’obtention de son baccalaurĂ©at, il dĂ©croche une bourse d’études et s’envole pour la Tunisie en 1979. Puis, en 1982, il se rend en Picardie, en France, pour une maĂźtrise en Ă©conomie et gestion financiĂšre avant un troisiĂšme cycle dans la finance. C’est Ă  travers le rachat de la dette que j’ai fait mes premiers milliards. AprĂšs ses Ă©tudes, l’homme d’affaires crĂ©e une sociĂ©tĂ© d’import-export et se lance dans le rachat de dettes des pays africains. « La premiĂšre dette que j’ai rachetĂ©e Ă©tait celle du Mali auprĂšs de la Barclays banque en 1990. Puis j’ai rachetĂ© celles de la CĂŽte d’Ivoire, du Cameroun, etc. À l’époque, nous Ă©tions quasiment seuls sur le marchĂ©. Nous participions Ă  des rĂ©unions de la Banque mondiale et d’autres institutions internationales. C’est Ă  travers le rachat de la dette que j’ai fait mes premiers milliards », se souvient-il.

Pour le businessman, ce marchĂ© Ă©tait sĂ»r : « C’était plus sĂ»r de travailler sur les risques souverains que sur les dettes privĂ©es. La continuitĂ© de l’État garantit une certaine sĂ©curitĂ©. De plus, les remboursements peuvent se faire via des compensations fiscales ou douaniĂšres, ce qui Ă©tait bĂ©nĂ©fique dans le cadre de ma sociĂ©tĂ© d’import-export ». C’est ainsi que, malgrĂ© le coup d’État qui renverse Moussa TraorĂ© en 1991, le Mali s’acquitte de sa dette auprĂšs de lui.

Diallo s’intĂ©resse ensuite Ă  l’exploitation miniĂšre. Au dĂ©but des annĂ©es 2000, l’entrepreneur fonde la sociĂ©tĂ© Wassoul’or pour exploiter le gisement de KodiĂ©ran Traorela, dans la rĂ©gion de Sikasso. Faisant ainsi de lui le premier malien Ă  dĂ©tenir majoritairement une sociĂ©tĂ© miniĂšre dans ce pays oĂč ont Ă©tĂ© extraites 61,2 tonnes d’or, selon les chiffres du World Gold Council. Mais l’histoire de Wassoul’or n’est pas un long fleuve tranquille. La mine est inaugurĂ©e en grande pompe en fĂ©vrier 2012 par Amadou Toumani TourĂ©. Un mois plus tard, le prĂ©sident est renversĂ© par un coup d’État militaire.

En juillet 2020, l’homme d’affaires malien revend toutes ses parts de la sociĂ©tĂ©. « Une mine, c’est toujours beaucoup d’investissement. J’ai ouvert le capital petit Ă  petit afin de pouvoir continuer Ă  financer le projet. Nous avons commencĂ© avec un permis de recherche et aujourd’hui, aprĂšs avoir produit une tonne d’or, j’ai vendu mes actions », explique-t-il.

AprĂšs Wassoul’or, au milieu des annĂ©es 2000, Aliou Boubacar Diallo se diversifie avec Petroma pour valoriser un bloc de pĂ©trole et gaz qu’il a dĂ©crochĂ© dans la rĂ©gion de Kati. Petroma est devenu depuis peu Hydroma, et l’homme d’affaires dit se consacrer dĂ©sormais Ă  l’hydrogĂšne naturel, dont il est devenu l’un des ambassadeurs dans le monde.

Du financement de campagnes à la présidentielle de 2018

S’il faut attendre 2012 pour qu’il saute le pas en crĂ©ant l’Alliance DĂ©mocratique pour la Paix – Maliba (ADP-Maliba), Aliou Boubacar Diallo Ă©tait dĂ©jĂ  un acteur important de la scĂšne politique. Depuis la fin des annĂ©es 1990, il finance des campagnes Ă©lectorales. « Je pensais rester un entrepreneur. Mais en 2012, notre pays se disloquait. Nous avions perdu Gao, Tombouctou et Kidal. Les autoritĂ©s qui avaient la charge de la chose publique ont failli et cela interpellait les Maliens de tous bords », justifie-t-il. Sur les conseils du chĂ©rif de Nioro, BouyĂ© HaĂŻdara, dont il est proche, Diallo appelle Ă  voter Ibrahim Boubacar KeĂŻta et soutient financiĂšrement sa campagne. Au sortir des Ă©lections, l’ADP-Maliba devient une composante importante de la majoritĂ© avec ses 9 dĂ©putĂ©s, 340 Ă©lus communaux et 10 maires. Mais quelques annĂ©es plus tard, en aoĂ»t 2016, le parti quitte avec fracas la majoritĂ© prĂ©sidentielle. « Ibrahim Boubacar KeĂŻta avait promis l’instauration d’un systĂšme fondĂ© sur le mĂ©rite et la compĂ©tence, mais le slogan ‘le Mali d’abord’ est devenu celui de ‘la famille d’abord’ », avait fustigĂ© Cheick Oumar Diallo, secrĂ©taire politique national du parti. C’est donc sans surprise qu’en 2018, Aliou Boubacar Diallo se prĂ©sente comme candidat Ă  la prĂ©sidentielle. Il recueille 8,33 % des voix et arrive Ă  la troisiĂšme place, aprĂšs Ibrahim Boubacar KeĂŻta et SoumaĂŻla CissĂ©, deux poids lourds de la scĂšne politique. L’opinion publique estime qu’il arriverait au pouvoir dĂ©jĂ  riche et non pour se remplir les poches.

Pour le sociologue BrĂ©ma Ely Dicko, trois facteurs expliquent son succĂšs : « Les Maliens avaient envie d’un renouvellement de la classe politique. Ce sont les mĂȘmes acteurs qui sont au-devant de la scĂšne depuis 1991. DeuxiĂšmement, son parti met en avant les jeunes. Il a rĂ©ussi Ă  en faire Ă©lire quelques-uns et Ă  faire Ă©merger des personnalitĂ©s comme Amadou Thiam. Enfin, dans un pays oĂč les scandales de corruption s’accumulent, l’opinion publique estime qu’il arriverait au pouvoir dĂ©jĂ  riche et non pour se remplir les poches. »

En 2017, Amadou Thiam, alors prĂ©sident du parti a Ă©tĂ© l’un des leaders de la fronde contre la rĂ©vision constitutionnelle voulue par IBK. Depuis, de l’eau a coulĂ© sous les ponts et le parti a Ă©galement traversĂ© une crise interne, qui a conduit Ă  l’exclusion de son prĂ©sident. Lorsqu’en 2020 des manifestations Ă©clatent au lendemain des lĂ©gislatives, au cours desquelles Aliou Boubacar Diallo est Ă©lu dans son fief Ă  Kayes, l’homme d’affaires tente d’apaiser les tensions aux cĂŽtĂ©s d’IBK. Il lance Ă©galement des appels au dialogue, entre le gouvernement et le Mouvement du 5 juin. L’ADP Maliba ne se joint donc pas au M5 pour rĂ©clamer la dĂ©mission de l’ancien prĂ©sident. « Nous sommes un parti dĂ©mocrate, qui veut accĂ©der au pouvoir par les urnes et non par la rue », confie le nouveau prĂ©sident du parti, Youba Ba.

Le regard tournĂ© vers l’aprĂšs transition

AprĂšs le coup d’État, le parti n’est pas montĂ© au crĂ©neau, comme d’autres formations politiques, pour rĂ©clamer une meilleure prise en compte au sein du ComitĂ© national de transition, sous peine de boycott. Aliou Boubacar Diallo, qui se pose en rassembleur, a souhaitĂ© « bonne chance aux membres du CNT ». « Il ne s’agit donc plus de rentrer dans des polĂ©miques et des dĂ©bats stĂ©riles mais plutĂŽt d’accompagner les autoritĂ©s de la transition dans la rĂ©ussite de leur mission fondamentale : organiser des Ă©lections libres et transparentes », a-t-il Ă©crit sur les rĂ©seaux sociaux le 3 dĂ©cembre dernier. C’est que l’homme d’affaires, dĂ©sormais homme politique a le regard dĂ©jĂ  tournĂ© vers l’aprĂšs transition. MĂȘme s’il n’évoque pas pour l’instant une candidature, il sillonne le pays depuis quelques semaines, toujours tirĂ© Ă  quatre Ă©pingles, Ă  la rencontre des Maliens. « Notre parti est sur le terrain. Nous allons continuer Ă  ĂȘtre proches des populations et recueillir leurs prĂ©occupations », se rĂ©jouit Youba Ba.

Dans un pays oĂč les conflits intercommunautaires font rage, saura-t-il rassembler autour de sa candidature ? « L’amalgame peul-jihadiste existe. Aliou Boubacar Diallo Ă©tant de la mĂȘme ethnie qu’Amadou Koufa, chef de la Katiba Macina, il devra effectuer un gros travail de pĂ©dagogie et proposer des solutions concrĂštes aux problĂšmes des Maliens », explique BrĂ©hima Ely Dicko. L’homme reste Ă©gal Ă  lui-mĂȘme avec son sourire dont il dĂ©tient lui seul le secret. Il continue Ă  grand pas la gestion de champ gazier oĂč sĂ»rement sortira le bonheur du Mali. TrĂšs douĂ© dans le business, Aliou Boubacar Diallo est le profil aujourd’hui pour diriger ce pays aprĂšs la transition.

Yattara Ibrahim


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