EAUX ET FORETS : Pourquoi la nouvelle directrice nationale fait peur !

Nommée le 9 février dernier en qualité de directrice nationale des Eaux et Forêts, Kanouté Fatoumata Koné suscite peur et crainte dans certains milieux. D’où le lynchage médiatique dont elle est victime.

Après une longue et riche carrière couronnée par sa promotion comme directrice nationale, Fatoumata Koné a gravi tous les échelons des services des Eaux et Forêts. Appelée pour redorer le blason de ce service hautement stratégique pour la survie de la faune et de la flore, les plus hautes autorités ont misé sur son expérience et ses qualités d’intégrité et son savoir-faire.

Assainir le service des Eaux et Forêts, réorganiser le service et réorienter les missions pour la protection des biomasses…, elles sont entre autres les tâches assignées à Kanouté Fatoumata Koné. Depuis sa nomination, elle fait l’objet d’attaques injustifiées et inexpliquées. Pourquoi cette nomination fait autant jaser ?

Qui a peur du changement qu’elle n’hésitera pas à apporter ? Autant de questions qui suscitent la curiosité. Pour ceux qui l’ont pratiquée, le choix porté sur cette dame du sérial n’est pas anodin, car la nouvelle directrice générale est créditée d’être un cadre intransigeant sur le principe sacrosaint du travail et du travail bien fait.

Les arguments avancés par ses détracteurs ne tiennent que dans l’esprit de ces derniers. Parce que l’intégrité et la compétence de cette dame n’ont jamais été remises en cause. A titre d’exemple, lors de sa gestion du programme Gedefor, Kanouté Fatoumata Koné n’a pas hésité à se constituer partie civile dans une affaire de détournement de fonds. L’affaire jugée par la Cour d’assises en sa session du 19 janvier 2019 porte sur l’atteinte aux biens publics et complicité, opposant le ministère public à Assitan Keïta et Amadou Guittèye. La Cour a reconnu leur culpabilité et les a condamnés au payement de 51 millions F CFA de dommages et intérêts et le remboursement d’un principal de 144 millions. Fatoumata Koné n’a jamais été inquiétée dans cette affaire ; c’est plutôt elle qui a porté l’affaire devant la justice.

Connaissant ses aptitudes professionnelles, les plus hautes autorités attendent d’elle l’engagement de nouvelles réformes du secteur des Eaux et Forêts. Pour cela, elles ont misé sur la touche particulière de cette dame au parcours sans reproche. En effet, Fatoumata Koné est sortie major de sa promotion du cycle d’ingénieur des sciences appliquées, spécialité Eaux et Forêts de l’Institut polytechnique rural de Katibougou, en 1993. Alors, débuta une longue et riche carrière qui l’a amenée à travailler sur beaucoup de sujets, élaborer de nombreux documents dont certains servent de cadre dans les politiques nationales des Eaux et Forêts. Il s’agit notamment de l’élaboration en janvier 1993 du plan d’aménagement de la Forêt d’application de la Faya ; l’étude sur la classification traditionnelle des types de brousse pour le compte de Forest Tree and People Program/FAO en qualité de consultante indépendante ; la réalisation d’une étude en septembre 1993 des systèmes traditionnels de communication dans la zone des monts mandingues. En novembre de la même année, Fatoumata Koné réalise une autre étude cette fois-ci sur femmes et ressources ligneuses. En juin 1994, elle réalise l’enquête préliminaire pour l’élaboration du schéma directeur d’approvisionnement de Bamako en bois énergie ; en janvier 2000, elle fait son entrée dans la fonction publique malienne sur concours et admise  première nationale et mise à la disposition de la direction nationale de la conservation de la nature. Une année après, elle est promue Chef division animation et suivi-évaluation à l’Opération aménagement du Parc national de la boucle du Baoulé et des réserves adjacentes (Opnbb/Dncn). En septembre 2005, elle a été nommée Coordinatrice du programme de partenariat entre la FAO et les Pays-Bas (Fnpp/FAO) « Appui à la politique de décentralisation et de transfert de responsabilités aux collectivités rurales: les implications politiques, institutionnelles et méthodologiques d’une stratégie de gestion intégrée participative des ressources naturelles et de la biodiversité ». Poste qu’elle occupa pendant 3 ans,  avant sa nomination en avril 2009 comme coordinatrice du Programme de gestion décentralisée des forêts « Gedefor » Cofinancement Mali/Suède/Norvège jusqu’en 2014. En janvier 2015, Fatoumata Koné est reconduite comme coordinatrice du Gedefor II ; cofinancement Mali -Suède.

Après la conduite du document cadre de la phase III, elle est nommée en septembre 2019 en qualité de conseillère technique au ministère de l’Environnement de l’Assainissement  et du Développement durable.

Elle restera à ce poste jusqu’en mars 2020, où elle fut nommée directrice générale de l’Agence nationale de la grande muraille verte.

C’est cette somme d’expérience que les plus hautes autorités ont décidé de porter à la tête de la direction des Eaux et Forêts pour veiller sur la faune et la flore, surtout à l’heure du dérèglement climatique qui menace la biosphère mondiale.

Pour sûr, avec elle à la tête des Eaux et Forêts, plus rien ne sera comme avant. C’est donc normal que ceux qui ont bâti leur confort dans le flou et l’informel veuillent lui faire la peau avant même sa prise de fonction.

Dieu veille !

Jean JACQUES

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