Canal+ en Afrique : Un Pillage Organisé des Redevances Audiovisuelles ?
Analyse Comparative des Redevances:
Une Insulte à l’Intelligence Économique Africaine
Comment Canal+ justifie-t-il le fait de payer 15 millions d’euros en redevances annuelles au Sénégal (source), alors que des entreprises comme Sky au Royaume-Uni sont tenues de débourser jusqu’à 150 millions de livres sterling dans des marchés d’une taille comparable ? La réponse est simple : l’Afrique est perçue comme une terre à exploiter, où la valeur des consommateurs locaux est délibérément sous-évaluée.
À titre de comparaison, aux États-Unis, Comcast verse en moyenne 4,5 dollars de redevance par abonné. Et pourtant, Canal+, dans son arrogance néocoloniale, ose offrir des miettes aux nations africaines pour un service équivalent, voire supérieur en termes de pénétration du marché. Des plateformes comme StarTimes en Afrique, bien qu’étant de plus petite envergure, s’efforcent de négocier des accords de redevances plus justes avec les gouvernements locaux, une démarche qui met en évidence la perfidie des pratiques de Canal+.
Raisons des Disparités:
Quand le Néocolonialisme Économique Fait Loi
Il ne s’agit pas ici de simples disparités économiques mais d’une stratégie délibérée d’exploitation. Le cadre réglementaire en Afrique, souvent plus flexible et moins contraignant, ouvre grand la porte à des négociations où Canal+ dicte les règles du jeu. Cette situation est exacerbée par la dépendance chronique de certains pays africains aux investissements étrangers, ce qui les met en position de faiblesse lors des discussions sur les redevances.
Les gouvernements africains sont ainsi contraints d’accepter des conditions défavorables sous peine de perdre un investisseur clé dans le secteur audiovisuel. Mais à quel prix ? Celui de l’intégrité économique et de la souveraineté nationale ?
Impact Économique pour les Pays Africains:
Des Millions de Dollars Perdus : L’Afrique à la Merci des Multinationales
Chaque année, les trésors publics africains se voient privés de millions de dollars à cause de cette sous-évaluation scandaleuse. Le manque à gagner est colossal, un véritable gouffre économique qui compromet le développement des infrastructures essentielles et l’amélioration des services publics dans des pays déjà vulnérables (source).
Il est urgent de réévaluer les contributions de Canal+ et de forcer ces géants de l’audiovisuel à payer leur juste part. Le Sénégal, en initiant une telle révision, montre la voie pour toute l’Afrique. Une réévaluation pourrait non seulement combler ce déficit, mais aussi poser les fondations d’une économie plus souveraine et indépendante, où les multinationales seraient enfin tenues responsables de leurs actes.
Inspirations et Défis pour l’Alliance des États du Sahel (AES):
Le Sénégal en Pionnier, Mais Qui Suivra ?
L’initiative sénégalaise ne doit pas rester un exemple isolé. Elle devrait être le point de départ d’une mobilisation générale au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) et au-delà. Les pays de cette alliance, confrontés aux mêmes défis d’exploitation économique, ont tout intérêt à s’unir pour négocier des conditions équitables avec les distributeurs de contenus audiovisuels.
Une telle approche collective pourrait non seulement uniformiser les contributions financières de ces entreprises, mais aussi renforcer la position des pays de l’AES sur la scène économique mondiale, tout en affirmant leur souveraineté face aux diktats des multinationales.
Conclusion:
L’Heure de la Révolte Économique a Sonné
La passivité face à l’exploitation économique doit cesser. La réévaluation des redevances audiovisuelles n’est pas seulement une question de justice, c’est une question de survie économique pour les pays africains. Le Sénégal montre la voie en affrontant Canal+ ; il est impératif que les autres nations suivent cet exemple pour garantir un avenir où l’Afrique ne sera plus le jouet des puissances étrangères, mais un acteur économique autonome et respecté.
