Edito : la durée de la transition provoque une levée des boucliers
Lâune des recommandations phares des Assises Nationales de la Refondation a Ă©tĂ© sans nul doute la durĂ©e de la transition, laquelle est comprise entre 6 mois et 5 ans. Cette proposition qui Ă©mane du peuple souverain doit-elle faire lâobjet dâune polĂ©mique stĂ©rile ou bien elle doit ĂȘtre analysĂ©e avec rĂ©alisme ? Sans jeter le bĂ©bĂ© avec lâeau du bain et sans passion  si tant est que câest une frange importante du peuple rĂ©unie en forum et toute libertĂ©, qui a choisi cette durĂ©e, il n y a pas lieu de crier au scandale. Le peuple est souverain, maintenant il revient aux plus hautes autoritĂ©s du pays, tout en respectant la volontĂ© du peuple, de se rendre Ă lâĂ©vidence que dans le contexte actuel marquĂ© par une incertitude absolue, que cinq ans de transition ne seraient pas raisonnables, ni tenables surtout avec le risque des sanctions qui fuseraient de toute part.
En effet, conscient de la dĂ©licatesse et surtout de lâĂ©normitĂ© des missions qui sont les leurs, les autoritĂ©s maliennes, doivent pouvoir nĂ©gocier avec la CEDEAO une durĂ©e raisonnable permettant non seulement dâassurer la sĂ©curitĂ© sur au moins 90 % du vaste territoire, mais aussi et surtout de faire des rĂ©formes politiques et institutionnelles indispensables pour sortir le Mali des cycles infernaux dâinstabilitĂ© et de coup dâEtat. En plus des rĂ©formes, il y a un besoin crucial dâassainissement de lâadministration en y extirpant les mauvaises graines et surtout en les sanctionnant. Que dire de la lutte contre la corruption ? Pour rappel lâune des causes du soulĂšvement qui a occasionnĂ© la chute du rĂ©gime IBK est sans conteste la corruption gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Le Mali Ă©tait devenu la risĂ©e du monde car tous les segments de la vie socioprofessionnelle Ă©tait gangrĂ©nĂ©e par la corruption, au point que lâambassadeur Allemand en fin de mission a dĂ©conseillĂ© le Mali aux investisseurs allemands. Donc il serait incomprĂ©hensible, voire illogique quâon ne puisse pas engager une lutte implacable contre ce flĂ©au, qui est sur le point de se cancĂ©riser pour tuer notre Ă©conomie. Il est ainsi nĂ©cessaire  quâon restitue au peuple son dĂ» qui lui a Ă©tĂ© dĂ©robĂ©. La transition nâaura servi Ă rien si elle ne met au centre de ses prioritĂ©s la lutte contre la corruption.
Au regard de ces nombreuses missions toutes impotrtantes voir indispensables, pourquoi la CEDEAO nâaide-t-elle pas les autoritĂ©s maliennes Ă les mener Ă bien ? la meilleure façon dâaider un pays en crise profonde, comme celle que le Mali connait en ce moment, est de lâaccompagner pour quâil puisse retrouver la voie de la paix et de la stabilitĂ©. Ainsi Pour Ă©viter que le Mali ne sâeffondre totalement la CEDEAO doit exclure toute forme de sanction Ă son encontre, car ce grand pays parait ĂȘtre la derniĂšre digue qui est censĂ©e protĂ©ger toute la sous-rĂ©gion dâune probable inondation, donc cette digue ne doit en aucun cas rompre.
En divisant la poire en deux en arrivera Ă la conclusion que si 5 ans de transition sont Ă©normes 3 ans seraient raisonnables pour permettre aux maliens de doter de leur pays dâinstitutions fortes et de participer aux choix de leurs dirigeants dans la dĂ©mocratie et en toute transparence. Ceux qui font de la tenue des Ă©lections une fin en soi et qui crient au scandale sont, aprĂšs la proposition de 5 ans, sont ceux lĂ mĂȘmes qui ne sont pas reprĂ©sentatifs et qui sont Ă la base de lâeffondrement du pays.
Youssouf Sissoko
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