BRAS DE FER MALI-CEDEAO : Un compromis à l’horizon !

Les lignes semblent bouger dans le bras de fer qui oppose Bamako à la communauté internationale, notamment la Cedeao et l’Union africaine. Selon plusieurs sources, le Mali a mis une nouvelle offre sur la table (deux ans au lieu de cinq) pour la prolongation de la transition. De son côté, l’institution continentale propose un calendrier de 16 mois.

On n’est pas loin d’un compromis entre les parties maliennes et la communauté internationale dans le bras de fer qui les oppose quant à la durée de la Transition. Le jusqu’auboutisme dans lequel les deux parties s’étaient muées depuis la rupture de banc entre elles suite aux sommets extraordinaires de la Cedeao et de l’Uemoa semble évoluer favorablement.

Si au départ les deux parties se parlaient par communiqués interposés, car la Cedeao s’est offusquée de la proposition initiale des autorités de la Transition, elles ont repris langue. Selon plusieurs sources, c’est le président Togolais qui s’est proposé d’arrondir les angles avec les deux parties. Ainsi, en début de semaine dernière, il aurait effectué une visite éclaire à Bamako, où se serait entretenu avec Assimi Goïta, avant de faire un tour chez le Sénégalais Macky Sall.

A cette visite un peu bizarre, s’y ajoute un long coup de fil que le président de la Transition aurait eu avec le Secrétaire général de l’ONU. Aussi, le ministre des Affaires étrangères du Mali a annoncé qu’il a eu une réunion avec ses homologues du Nigéria et du Togo, mais aussi le patron de la Minusma. Toute chose qui annonce un dégel des lignes rouges entre les parties. Des sources concordantes rapportent que le Mali s’est ravisé sur sa proposition initiale et aurait désormais mis sur la table 24 mois au lieu de cinq ans. Rien de surprenant pour beaucoup d’observateurs qui pensent, comme le président de la transition l’avait précisé dans son adresse à la nation au lendemain de la prononciation des sanctions, que les cinq ans étaient pour eux une base de négociation que la Cedeao n’a pas compris.

Pour l’Union africaine qui affirme vouloir s’aligner sur la position de la Cedeao, il est hors de question que le calendrier de la Transition excède 16 mois.

Ce qui fait croire à certains que même si les deux parties ne se sont pas retrouvées autour d’une table pour l’instant, c’est déjà une grande avancée. D’aucuns estiment que les parties vont certainement s’entendre autour d’un délai de 18 mois. Il y aura très probablement un compromis pour sortir de cette situation tendue, préjudiciable autant pour le Mali que les pays membres de la Cedeao. Ce bras de fer n’est à l’avantage de personne, car en plus des affres de la pandémie de la Covid-19 qui secouent le monde, la crise sécuritaire au Sahel risque de se métastaser et se propager à d’autres régions.

Pour sûr, toutes les parties semblent vouloir tourner cette page rapidement. Maintenant, il faut trouver un médiateur pour se retrouver autour de la table et sortir un juste milieu, au grand bonheur de tous.

Dieu veille !

Hamadoun MAHAMANE

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