Aide à la Presse au Mali : Bandiougou Dante contre Choguel Maïga, une crise de confiance
Des chiffres alarmants sur l’aide à la presse
Dans son post, Bandiougou Dante dénonce avec véhémence les montants dérisoires et impayés que l’État malien devait allouer à la presse. Selon lui, une somme de 300 millions de FCFA a été annoncée pour trois ans, mais les chiffres réels montrent une autre réalité. Il précise que pour 2024, 40 millions FCFA restent impayés, alors que pour 2023 et 2022, les montants de 23 et 38 millions respectivement sont toujours en attente de règlement.
Cette aide à la presse est censée soutenir plus de 500 radios, 200 journaux, 40 chaînes de télévision ainsi que les médias en ligne, mais ces montants sont jugés insuffisants et mal gérés, mettant en péril l’existence de ces institutions essentielles pour la démocratie malienne. M. Dante décrit cette situation comme un complot visant à fermer la Maison de la Presse, une accusation qui accentue la guerre ouverte entre son organisation et le gouvernement.
Le gouvernement accusé de manipulation et de cynisme
Au-delà des chiffres, Dante accuse directement Choguel Maïga et son entourage de mensonges, de chantage et de manipulation. Selon lui, cette gouvernance cherche à affaiblir la presse, la privant des moyens financiers nécessaires à son fonctionnement. Il va jusqu’à qualifier les responsables de cette situation de « misérables », tout en excluant l’idée de porter plainte, car, selon ses mots, « ils ne méritent pas cette attention ».
Une aide à la presse déjà en crise depuis plusieurs années
Les problèmes soulevés par Bandiougou Dante ne sont pas nouveaux. La question de l’aide à la presse est un sujet récurrent au Mali. En 2020, seulement 55 223 550 FCFA ont été mobilisés sur les 90 millions FCFA prévus. Cette irrégularité dans les versements a des répercussions directes sur la survie des organes de presse, qui peinent à fonctionner sans un soutien financier stable.
De plus, les médias font face à des pressions politiques grandissantes dans un contexte où la liberté d’expression est mise à mal. Le non-paiement des aides, couplé à la fragilisation de l’économie du pays, risque de paralyser le secteur médiatique.
Un appel à la réforme et au dialogue
Pour Bandiougou Dante, la situation est claire : la presse malienne a besoin d’une réforme structurelle profonde et d’un dialogue constructif avec le gouvernement. À plusieurs reprises, il a appelé à une refondation de la presse, insistant sur l’importance d’une transparence totale dans la gestion des fonds alloués. Le Premier ministre Choguel Maïga, de son côté, avait exprimé une volonté de répondre aux préoccupations soulevées par la presse, sans toutefois apporter de solutions concrètes.
L’issue de ce bras de fer reste incertaine, mais il est évident que la presse malienne continuera à se battre pour son indépendance et son droit à une juste rétribution, dans un environnement où la liberté d’expression est constamment menacée.
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