BRAS DE FER BAMAKO-PARIS : La classe politique malienne donne enfin de la voix !

Suite à la tension diplomatique qui a conduit au renvoi de l’ambassadeur de la France au Mali, nombreux sont les Maliens qui ont réclamé la réaction de la classe politique du Mali. Après un moment d’hésitation et d’incertitude, les politiques sont finalement sortis de leur silence.

En effet, après l’expulsion de l’ambassadeur de la France au Mali, Joël Meyer, suite à des propos jugés outrageux par Bamako, la réaction des leaders politiques français ne s’est pas fait attendre. Divergents sur pas mal de points, notamment la mode de gouvernance, ils prouvent qu’ils sont solidaires pour l’intérêt et la défense de la France.

Ebahis par le manque de réaction des politiques maliens, plusieurs internautes ont dénoncé l’attitude de la classe politique. C’est partant de ce constant que plusieurs partis se sont manifestés. A commencer par le parti de l’abeille : « L’Adema-PASJ relève avec beaucoup de regret les déclarations hostiles et discourtoises répétées des autorités françaises à l’endroit des autorités de la Transition du Mali qui sont à la base de cet incident diplomatique assez malheureux. Aussi, invite-t-il les autorités françaises à plus de retenue et de pondération dans les relations diplomatiques entre Etats souverains », déclare le Parti africain pour la solidarité et la justice. Par conséquent, le parti réitère son soutien aux autorités de la Transition et les invite à renouer le dialogue avec la Cedeao, en vue de mette rapidement fin aux sanctions qu’il trouve injustes et insupportables infligées aux Mali.

Les Fare Anka Wuli (Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence) de Modibo Sidibé qualifient les propos du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian de discourtois et d’outrageux. Par ailleurs, il trouve cette mesure d’inédite dans les relations entre le Mali et la France. Le parti déplore une telle détérioration des relations entre les deux pays et invite incessamment les autorités françaises et maliennes à une désescalade rapide dans le respect mutuel et réciproque entre les deux pays.

Quant au MPR (Mouvement patriotique pour le renouveau) de Choguel Kokalla Maïga, actuel Premier ministre, il rejette les agissements qu’il dit regrettables et non diplomatiques du partenaire historique français et l’invite à y mettre fin immédiatement. Avant d’affirmer son adhésion sans réserve à la décision du gouvernement malien et de lui apporter tout son soutien.

A son tour, la branche de l’URD (Union pour la République et la démocratie) dirigée par Pr Salikou Sanogo réitère son soutien total aux autorités de la Transition, les félicite et les remercie pour la gestion responsable de cette affaire. Il qualifie par ailleurs de discourtois et d’inacceptables les propos tenus par Jean-Yves Le Drian.

« Cette décision est la conséquence directe des agissements discourtois et répétés du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères contre les autorités de la République du Mali, en violation du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain », fustige l’autre branche de l’URD, portée par Gouagnon Coulibaly. Celle-ci trouve patriotique et responsable la décision du gouvernement du Mali d’inviter l’ambassadeur de la France au Mali à quitter le territoire malien.

« Au-delà des sanctions de la Cedeao, l’escalade verbale entre les responsables français et maliens ayant conduit à l’expulsion de l’ambassadeur de la France au Mali, rajoute à la crise diplomatique et à l’isolement de notre pays. Le Cadre regrette cet incident diplomatique, de même que les conditions de sa survenue. Il invite les deux parties, française et malienne, à renouer le dialogue pour aboutir à une décrispation diplomatique entre deux pays entretenant des relations historiques et profite pour condamner les propos et tous les propos extrémistes », communique le Cadre d’échange des partis et regroupements de partis politiques pour une Transition réussite. Le Cadre fait remarquer que le vrai sujet demeure la proposition d’un calendrier réaliste et crédible pour le retour rapide à un ordre constitutionnel normal. Ce regroupement est composé de plusieurs partis politiques, notamment l’EPM (Ensemble pour le Mali) dont le RPM, ARP, Esperance nouvelle « Jigiya Kura », Yelema, Morema, Asma-CFP.

Abdrahamane Baba Kouyaté

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