Conseil de sĂ©curitĂ©: le Chef de lâUNOWAS fait Ă©tat dâune «évolution contrastĂ©e» en Afrique de lâOuest et au Sahel
Le ReprĂ©sentant spĂ©cial du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral et Chef du Bureau des Nations Unies pour lâAfrique de lâOuest et le Sahel (UNOWAS), M. Leonardo Santos SimĂŁo, a dressĂ©, ce matin devant le Conseil de sĂ©curitĂ©, un tableau contrastĂ© de la situation dans la rĂ©gion, entre consolidation dĂ©mocratique dans certains pays et persistance des dĂ©fis sĂ©curitaires et de gouvernance dans dâautres, en particulier au Sahel. Les processus de transition au Mali et au Niger ont Ă©tĂ© au cĆur des interventions des dĂ©lĂ©gations.
« Des progrĂšs significatifs ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s en matiĂšre de consolidation de la dĂ©mocratie, rĂ©pondant ainsi au dĂ©sir de changement portĂ© par une jeune gĂ©nĂ©ration de plus en plus exigeante », a dĂ©clarĂ© le ReprĂ©sentant spĂ©cial, Ă lâentame de son propos. En revanche, la situation sĂ©curitaire et les dĂ©fis liĂ©s Ă la gouvernance demeurent des prĂ©occupations majeures ayant un impact significatif sur la vie des communautĂ©s et menaçant constamment dâanĂ©antir les progrĂšs dans dâautres domaines, a-t-il ajoutĂ©.
M. SimĂŁo a saluĂ© le bon dĂ©roulement de lâĂ©lection prĂ©sidentielle au LibĂ©ria, le PrĂ©sident sortant ayant fĂ©licitĂ© son adversaire et appelĂ© Ă lâunitĂ© nationale aprĂšs un second tour trĂšs disputĂ©. « Ce fut un moment politique dĂ©terminant pour un pays oĂč les souffrances de la guerre civile sont encore trĂšs prĂ©sentes. »  Il sâest fĂ©licitĂ© de lâenthousiasme « palpable » au SĂ©nĂ©gal Ă lâapproche de lâĂ©lection prĂ©sidentielle du 25 fĂ©vrier prochain, avant de saluer la « constance dĂ©mocratique » du Ghana, oĂč des Ă©lections gĂ©nĂ©rales sont prĂ©vues en dĂ©cembre.
Le Représentant spécial a, en revanche, décrit une situation préoccupante au centre du Sahel. Le changement anticonstitutionnel de pouvoir au Niger en juillet a créé une « ceinture de gouvernements dirigés par les militaires », venant aggraver les défis sécuritaires, humanitaires et de gouvernance, a-t-il affirmé. Il a vivement regretté les arrestations de journalistes et de défenseurs des droits humains, ainsi que les restrictions apportées aux libertés publiques.
Le ReprĂ©sentant spĂ©cial a soulignĂ© Ă©galement « lâincertitude Ă©levĂ©e » qui entoure le processus de transition au Mali. La date des Ă©lections nâa pas encore Ă©tĂ© fixĂ©e, a-t-il dit. Il a aussi mentionnĂ© la difficultĂ© des autoritĂ©s de transition au Burkina Faso Ă restaurer la sĂ©curitĂ©, comme lâa montrĂ© lâattaque ayant frappĂ© la ville de Djibo. Il a notĂ© la reconfiguration des mĂ©canismes de sĂ©curitĂ© rĂ©gionaux dans la rĂ©gion dĂ©coulant du retrait de la Mission de lâONU au Mali, du dĂ©part des forces Ă©trangĂšres et de lâincertitude autour du G5 Sahel depuis le dĂ©part du Niger et du Burkina Faso. Mon bureau, a-t-il assurĂ©, continuera de dĂ©fendre le dialogue en vue de « lâaccĂ©lĂ©ration du retour » Ă des ordres constitutionnels dans la rĂ©gion reflĂ©tant les aspirations des citoyens.
« Lâobjectif nâest pas dâencourager des transitions militaires longues, mais bien dâassurer le retour Ă lâordre constitutionnel », a appuyĂ© Mme Lori-Anne Theroux-Benoni, de lâInstitut dâĂ©tudes de sĂ©curitĂ©. Cette reprĂ©sentante de la sociĂ©tĂ© civile a aussi estimĂ© que lâidĂ©e que le Sahel soit « perdu » et que les ressources devraient ĂȘtre redirigĂ©es vers les pays du littoral constitue une « erreur dâapprĂ©ciation » dont les rĂ©percussions, a-t-elle prĂ©venu, affecteront les populations, la sĂ©curitĂ© et la stabilitĂ© de la rĂ©gion. Il est donc urgent, selon elle, de repenser les rĂ©ponses en gardant Ă lâesprit lâinterdĂ©pendance et le caractĂšre multidimensionnel des flux dâapprovisionnement, de financement et de recrutement qui alimentent lâinsĂ©curitĂ©, mais aussi dâanticiper les « inĂ©vitables » dĂ©sengagements des groupes terroristes au Sahel et dans les pays du littoral.
Sâexprimant au nom des A3+1 -AlgĂ©rie, Guyana, Mozambique et Sierra Leone- le dĂ©lĂ©guĂ© de ce dernier pays a lui aussi regrettĂ© la montĂ©e des tensions provoquĂ©e par le changement de gouvernement anticonstitutionnel dans certains pays et les a encouragĂ©s Ă remplir leurs obligations au titre des accords rĂ©gionaux. AprĂšs la clĂŽture de la Mission de lâONU au Mali, les A3+1 appellent donc Ă une action coordonnĂ©e avec les pays voisins pour minimiser tout nouvel impact nĂ©gatif sur la sĂ©curitĂ© du Mali et de la rĂ©gion. Dans ce contexte, le rĂŽle des agences sous-rĂ©gionales, rĂ©gionales, de lâUNOWAS et des autres agences de lâONU devient donc encore plus crucial, a ajoutĂ© la dĂ©lĂ©gation.
PrĂ©occupĂ©s par le dĂ©litement de la dĂ©mocratie dans la rĂ©gion, les Ătats-Unis ont Ă©galement appelĂ© Ă promouvoir les processus dĂ©mocratiques, tandis que la RĂ©publique de CorĂ©e a demandĂ© un retour « dans les dĂ©lais » Ă lâordre constitutionnel, en coopĂ©ration avec la CommunautĂ© Ă©conomique des Ătats de lâAfrique de lâOuest (CEDEAO). La France a elle aussi saluĂ© la mobilisation de la CEDEAO, « qui promeut la dĂ©mocratie et le retour Ă lâordre constitutionnel dans tous les pays oĂč il a Ă©tĂ© mis Ă mal ».
Une note quelque peu dissonante est venue de la FĂ©dĂ©ration de Russie, qui a jugĂ© « destructrices » les actions menĂ©es par la France et dâautres acteurs extĂ©rieurs visant Ă dĂ©placer les dirigeants de transition « indĂ©sirables ». Il est essentiel que la CEDEAO Ă©tablisse un dialogue avec les Ătats afin de rĂ©soudre les menaces communes qui pĂšsent sur la rĂ©gion, a insistĂ© la dĂ©lĂ©gation russe. Le Royaume-Uni a estimĂ© pour sa part que les problĂšmes de sĂ©curitĂ© de la rĂ©gion ne pourront ĂȘtre rĂ©glĂ©s par le « chaos dĂ©stabilisant » du groupe mercenaire Wagner.
La dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine a par ailleurs souhaitĂ© que davantage de rapports soient prĂ©sentĂ©s au Conseil de sĂ©curitĂ©, arguant que celui-ci a besoin de plus de visibilitĂ© dans une rĂ©gion oĂč de nouvelles stratĂ©gies sâimposent vu la complexitĂ© de la menace sĂ©curitaire et des besoins de dĂ©veloppement. « Ce nâest pas le moment de se dĂ©sengager », a dĂ©clarĂ© la Suisse, Ă lâadresse de lâorgane.
CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE LâOUESTÂ S/2023/1075
Déclarations
M. LEONARDO SANTOS SIMĂO, ReprĂ©sentant spĂ©cial du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral et Chef du Bureau des Nations Unies pour lâAfrique de lâOuest et le Sahel (UNOWAS), a indiquĂ© quâau cours des six derniers mois la situation dans la rĂ©gion a Ă©tĂ© marquĂ©e par des Ă©volutions contrastĂ©es. Dâune part, des progrĂšs significatifs ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s en matiĂšre de consolidation de la dĂ©mocratie, rĂ©pondant ainsi au dĂ©sir de changement portĂ© par une jeune gĂ©nĂ©ration de plus en plus exigeante, a-t-il dit. En revanche, la situation sĂ©curitaire et les dĂ©fis liĂ©s Ă la gouvernance demeurent des prĂ©occupations majeures ayant un impact significatif sur la vie des communautĂ©s et menaçant constamment dâanĂ©antir les progrĂšs dans dâautres domaines.
Il a estimĂ© que lâĂ©lection prĂ©sidentielle au LibĂ©ria a dĂ©montrĂ© la capacitĂ© des institutions Ă organiser des scrutins crĂ©dibles et Ă mettre en place des gouvernements dotĂ©s dâune lĂ©gitimitĂ© constitutionnelle. En effet, le 15 novembre, suite au dĂ©roulement du second tour dâune Ă©lection prĂ©sidentielle trĂšs disputĂ©e, le PrĂ©sident sortant George Weah a fĂ©licitĂ© son adversaire et appelĂ© Ă lâunitĂ© nationale, a -t-il indiquĂ©, saluant un moment politique dĂ©terminant pour un pays oĂč les souffrances de la guerre civile sont encore trĂšs prĂ©sentes dans les mĂ©moires. Au SĂ©nĂ©gal, lâenthousiasme quant au choix du prochain dirigeant du pays, lors de lâĂ©lection prĂ©sidentielle du 25 fĂ©vrier prochain, et qui pourrait bien ĂȘtre lâune des plus compĂ©titives, est Ă©galement palpable. Il a ajoutĂ© que le Ghana a Ă©galement dĂ©montrĂ© sa constance dĂ©mocratique avec lâengagement des deux principaux partis dans un processus transparent, et lâĂ©lection de leurs candidats Ă la plus haute fonction de lâĂtat, en prĂ©paration des Ă©lections gĂ©nĂ©rales prĂ©vues pour le mois de dĂ©cembre de cette annĂ©e.
En revanche, le ReprĂ©sentant spĂ©cial a soulignĂ© les confrontations qui ont eu lieu en Sierra Leone et en GuinĂ©e-Bissau entre diffĂ©rents services de sĂ©curitĂ©. Ces Ă©vĂ©nements, qui se sont dĂ©roulĂ©s dans le sillage de processus Ă©lectoraux, rappellent la nĂ©cessitĂ© de fortifier la crĂ©dibilitĂ© des institutions et des processus de gouvernance dĂ©mocratique. En Sierra Leone, les espoirs sont placĂ©s dans « lâesprit » de lâAccord pour lâunitĂ© nationale signĂ© entre le Gouvernement et le principal parti dâopposition afin de surmonter les tensions actuelles, a-t-il dit. Il a estimĂ© que les tensions institutionnelles en GuinĂ©e-Bissau, qui ont culminĂ© avec la nouvelle dissolution du Parlement, ont sĂ»rement fermĂ© la fenĂȘtre dâopportunitĂ© pour la conduite de rĂ©formes, pourtant cruciales.
Ăvoquant la situation dans le centre du Sahel, M. SimĂŁo a indiquĂ© que le changement anticonstitutionnel de pouvoir qui a eu lieu au Niger en juillet, crĂ©ant une « ceinture de gouvernements dirigĂ©s par les militaires » dans le Sahel, est venue aggraver les dĂ©fis sĂ©curitaires, humanitaires et de gouvernance que connaĂźt la rĂ©gion. Il a vivement regrettĂ© les arrestations de journalistes et de dĂ©fenseurs des droits humains, ainsi que les restrictions apportĂ©es aux libertĂ©s publiques. Le ReprĂ©sentant spĂ©cial a Ă©galement notĂ© la prise de la ville de Kidal par les forces armĂ©es du Mali, avant de souligner lâincertitude Ă©levĂ©e entourant lâAccord pour la paix et la rĂ©conciliation au Mali et le processus de transition. La date des Ă©lections nâa pas encore Ă©tĂ© fixĂ©e, a-t-il dit, en ajoutant que lâinsĂ©curitĂ© continue de prĂ©valoir dans le pays.
Il a aussi mentionnĂ© la difficultĂ© des autoritĂ©s de transition au Burkina Faso Ă restaurer la sĂ©curitĂ© dans le pays, comme lâa montrĂ© lâattaque Ă grande Ă©chelle ayant frappĂ© la ville de Djibo. Dans un contexte de retrait de la mission onusienne au Mali, le ReprĂ©sentant spĂ©cial a indiquĂ© que des discussions sont en cours avec les autoritĂ©s du Mali autour du rĂŽle de son Bureau. LâONU continuera de jouer un rĂŽle clef de soutien au peuple malien, a-t-il assurĂ©.
Le ReprĂ©sentant spĂ©cial a notĂ© la reconfiguration des mĂ©canismes de sĂ©curitĂ© rĂ©gionaux dans la rĂ©gion dĂ©coulant du retrait de la mission de lâONU au Mali, du dĂ©part des forces Ă©trangĂšres et de lâincertitude autour du G5 Sahel depuis le dĂ©part du Niger et du Burkina Faso. Il a saluĂ© lâadoption par le Conseil dâun cadre pour des contributions fixes sâagissant du financement des opĂ©rations de paix emmenĂ©es par lâUnion africaine. Cela est capital, alors que des rĂ©flexions sur une rĂ©orientation des outils onusiens de paix et de sĂ©curitĂ© sont en cours, a-t-il dit. Le ReprĂ©sentant spĂ©cial sâest Ă©galement dit encouragĂ© par les efforts de la CommunautĂ© Ă©conomique des Ătats de lâAfrique de lâOuest (CEDEAO) visant Ă pleinement opĂ©rationnaliser son plan dâaction 2020-2024 en vue dâĂ©radiquer le terrorisme dans la rĂ©gion, en faisant appel Ă des contributions obligatoires. Il a Ă©galement saluĂ© sa dĂ©cision de reprendre le dialogue avec les diverses autoritĂ©s de transition et Ă reconsidĂ©rer les sanctions. « Nous continuerons de dĂ©fendre le dialogue en vue de lâaccĂ©lĂ©ration du retour Ă un ordre constitutionnel reflĂ©tant les aspirations des citoyens, dans le respect des droits humains », a-t-il conclu.
Mme LORI-ANNE THEROUX-BENONI, Directrice rĂ©gionale, Bureau rĂ©gional pour lâAfrique de lâOuest, le Sahel et le bassin du lac Tchad, Institut dâĂ©tudes de sĂ©curitĂ©, a observĂ© que cette rĂ©union semestrielle du Conseil de sĂ©curitĂ© demeure lâun des rares cadres dâĂ©changes sur lâAfrique de lâOuest et le Sahel qui subsistent suite Ă la liquidation de la Mission multidimensionnelle intĂ©grĂ©e des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et la dissolution annoncĂ©e du G5 Sahel. Alors que la rĂ©gion demeure confrontĂ©e Ă des dĂ©fis politiques, sĂ©curitaires et humanitaires croissants, lâinsĂ©curitĂ© due aux groupes armĂ©s continue de se propager, sâest-elle inquiĂ©tĂ©e. AprĂšs avoir rappelĂ© lâimportance dâinvestir dans la prĂ©vention, Mme Theroux-Benoni a jugĂ© que lâidĂ©e voulant que le Sahel soit « perdu » et que les ressources devraient ĂȘtre redirigĂ©es vers les pays du littoral constitue une « erreur dâapprĂ©ciation » dont les rĂ©percussions affecteront les populations, la sĂ©curitĂ© et la stabilitĂ© de la rĂ©gion. Il est donc urgent de repenser les rĂ©ponses en gardant Ă lâesprit lâinterdĂ©pendance et le caractĂšre multidimensionnel des flux dâapprovisionnement, de financement et de recrutement qui alimentent lâinsĂ©curitĂ©, a-t-elle relevĂ©.
La Directrice rĂ©gionale a insistĂ© sur lâimportance dâanticiper les « inĂ©vitables » dĂ©sengagements des groupes terroristes au Sahel et dans les pays du littoral, comme ce fut le cas dans le bassin du lac Tchad oĂč des combattants de Boko Haram se sont dĂ©sengagĂ©s suite aux victoires militaires des gouvernements de la rĂ©gion, au dialogue ou aux combats entre factions terroristes rivales, « voire par lassitude ». Les Ătats de la rĂ©gion, les organisations sous-rĂ©gionales africaines et lâONU doivent donc se prĂ©parer dĂšs aujourdâhui Ă une telle Ă©ventualitĂ©, en tirant des leçons des processus de dĂ©sarmement, dĂ©mobilisation, rapatriement, rĂ©intĂ©gration et rĂ©installation (DDRRR) des pays du bassin du lac Tchad, a-t-elle insistĂ©. Ces transitions, qui semblent parfois devenir des transitions Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e, offrent selon elle lâoccasion de poser les bases de la stabilitĂ© rĂ©gionale. Lâobjectif ici nâest pas dâencourager des transitions militaires longues, a prĂ©cisĂ© Mme Theroux-Benoni, mais bien dâassurer le retour Ă lâordre constitutionnel, bien quâil ne sâagisse pas du seul critĂšre de rĂ©ussite.
Sâexprimant au nom des A3+1 (AlgĂ©rie, Guyana, Mozambique et Sierra Leone), M. MICHAEL IMRAN KANU (Sierra Leone) sâest fĂ©licitĂ© des progrĂšs rĂ©cents en matiĂšre de reprĂ©sentation et de participation des femmes dans lâespace politique en CĂŽte dâIvoire et en Sierra Leone, ces deux pays dĂ©passant les quotas requis par leurs politiques et lĂ©gislations respectives. Sâagissant de la situation politique dans la rĂ©gion, il a regrettĂ© la montĂ©e des tensions provoquĂ©e par le changement de gouvernement anticonstitutionnel dans certains pays et les a tous encouragĂ©s Ă remplir leurs obligations au titre des accords rĂ©gionaux tels que le Protocole de la CEDEAO sur la dĂ©mocratie et la bonne gouvernance et la DĂ©claration de LomĂ©.
Le dĂ©lĂ©guĂ© a ensuite regrettĂ© lâincidence croissante du terrorisme et de lâextrĂ©misme violent en Afrique de lâOuest et au Sahel, sa propagation vers les Ătats cĂŽtiers demeurant une prĂ©occupation majeure. AprĂšs la clĂŽture de la MINUSMA, les A3+1 appellent donc Ă une action coordonnĂ©e avec les pays voisins pour minimiser tout nouvel impact nĂ©gatif sur la sĂ©curitĂ© du Mali et de la rĂ©gion. Dans ce contexte, le rĂŽle des agences sous-rĂ©gionales, rĂ©gionales, de lâUNOWAS et des autres agences de lâONU devient donc encore plus crucial, a-t-il ajoutĂ©.
TrĂšs prĂ©occupĂ© par la tendance Ă la hausse des incidents sĂ©curitaires dans le golfe de GuinĂ©e, aprĂšs des annĂ©es de diminution des cas de piraterie et de vols Ă main armĂ©e en mer, le reprĂ©sentant a plaidĂ© Ă cet Ă©gard pour une coopĂ©ration dans la mise en Ćuvre des cadres pertinents, notamment la rĂ©solution 2634 (2022) du Conseil de sĂ©curitĂ©. Il sâest aussi dit extrĂȘmement inquiet de la situation humanitaire dĂ©sastreuse dans la rĂ©gion, en particulier dans les zones centrales du Sahel, oĂč le nombre de nĂ©cessiteux a augmentĂ© de 24% par rapport Ă lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente. Aussi les A3+1 continuent-ils dâappeler les partenaires Ă donner la prioritĂ© Ă la mise en Ćuvre des plans de rĂ©ponse humanitaire pour les pays dâAfrique de lâOuest et du Sahel en aidant Ă atteindre lâobjectif de 3,5 milliards de dollars pour rĂ©pondre aux besoins humanitaires croissants, dont Ă peine 36% avaient Ă©tĂ© atteints en dĂ©cembre 2023.
Concernant les changements climatiques, il a saluĂ© les progrĂšs rĂ©alisĂ©s dans la mise en Ćuvre de lâAppel Ă lâaction de Dakar sur les changements climatiques, la paix et la sĂ©curitĂ©, qui appelle le systĂšme des Nations Unies, y compris lâUNOWAS, les Ă©quipes de pays des Nations Unies, le mĂ©canisme de sĂ©curitĂ© climatique et la CEDEAO Ă continuer de travailler avec les partenaires rĂ©gionaux et nationaux pour soutenir les gouvernements de la rĂ©gion dans ce domaine. Enfin, le reprĂ©sentant a appelĂ© Ă une approche globale qui sâattaque aux causes profondes et prenne Ă©galement en compte les dĂ©fis socioĂ©conomiques en Afrique de lâOuest et au Sahel. Cela nĂ©cessite un soutien pour remĂ©dier aux dĂ©ficits de gouvernance et de dĂ©veloppement et un engagement Ă bĂątir un consensus national qui garantira une participation significative des femmes et des jeunes aux processus de prise de dĂ©cisions et de gouvernance, a-t-il soulignĂ©.
Mme PASCALE CHRISTINE BAERISWYL (Suisse), soucieuse de la stabilitĂ© et de la prospĂ©ritĂ© en Afrique de lâOuest et au Sahel, a recommandĂ© une action prĂ©ventive urgente de la communautĂ© internationale dans plusieurs domaines, Ă commencer par la gouvernance. Elle a plaidĂ© pour des Ă©lections inclusives, en saluant le fait quâun grand nombre dâĂ©lections qui ont eu lieu en Afrique de lâOuest en 2023 se sont dĂ©roulĂ©es pacifiquement. Elle a Ă©galement saluĂ© les progrĂšs en matiĂšre de reprĂ©sentation des femmes dans des organes politiques suite aux Ă©lections en CĂŽte dâIvoire et en Sierra Leone en appelant Ă promouvoir et mettre en Ćuvre des lĂ©gislations sur lâautonomisation des femmes et lâĂ©galitĂ© des sexes. Elle a saluĂ© le soutien de lâUNOWAS au Burkina Faso, Ghana, Mali, Mauritanie, SĂ©nĂ©gal et Togo en amont de leurs Ă©lections prĂ©vues cette annĂ©e.
Passant Ă la situation sĂ©curitaire « fragile » dans la rĂ©gion, elle a estimĂ© quâavec le retrait de la MINUSMA et la fin du G5 Sahel, le Conseil de sĂ©curitĂ© doit prĂȘter davantage attention Ă la rĂ©gion. « Ce nâest pas le moment de se dĂ©sengager », a-t-elle tranchĂ© estimant crucial de mieux combiner les engagements multinationaux, rĂ©gionaux et bilatĂ©raux afin dâattĂ©nuer le risque dâune crise rĂ©gionale aggravĂ©e, ce qui devait se faire en Ă©troite collaboration avec lâUnion africaine et les organisations sous-rĂ©gionales. Sâagissant de la crise humanitaire, qui touche plus de 26 millions de personnes au Sahel, elle a relevĂ© que le plan de rĂ©ponse humanitaire nâest financĂ© quâĂ hauteur de 36% tout en indiquant que la Suisse y a contribuĂ© en rĂ©pondant aux besoins alimentaires et nutritionnels de plus dâun million de personnes au Mali en 2023. Enfin, elle a notĂ© que la rĂ©gion pĂątit de maniĂšre disproportionnĂ©e des consĂ©quences des changements climatiques, disant apprĂ©cier Ă cet Ă©gard les progrĂšs rĂ©alisĂ©s par lâUNOWAS dans la mise en Ćuvre de lâAppel Ă lâaction de Dakar.
M. ROBERT A. WOOD (Ătats-Unis), prĂ©occupĂ© par le dĂ©litement de la dĂ©mocratie dans la rĂ©gion, a recommandĂ© de promouvoir et de soutenir les processus dĂ©mocratiques, dâautant plus que la MINUSMA sâest retirĂ©e. Le reprĂ©sentant a demandĂ© au gouvernement de transition du Mali de coopĂ©rer avec lâONU pour garantir une liquidation ordonnĂ©e de la Mission en respectant ses obligations prĂ©vues par lâaccord sur le statut des forces. DĂ©plorant la dissolution du G5 Sahel, il a souhaitĂ© quâil y ait davantage de rapports au Conseil de sĂ©curitĂ©, chaque annĂ©e, arguant que le Conseil a besoin de davantage et pas de moins de visibilitĂ© dans une rĂ©gion oĂč il faut de nouvelles stratĂ©gies vu la complexitĂ© de la menace sĂ©curitaire et des besoins de dĂ©veloppement.
Le reprĂ©sentant a appelĂ© Ă la libĂ©ration des personnes dĂ©tenues de façon injuste au Niger oĂč il faudra rĂ©tablir dans les plus brefs dĂ©lais la gouvernance dĂ©mocratique. Il a voulu que les coordonnateurs rĂ©sidents de lâONU au Burkina Faso et au Niger reprennent leurs travaux. PrĂ©occupĂ© Ă©galement par lâinstabilitĂ© sur la cĂŽte de lâAfrique de lâOuest, le dĂ©lĂ©guĂ© a rappelĂ© que le Sahel reste un Ă©picentre de la menace terroriste mondiale. Il a dit attendre avec intĂ©rĂȘt le sommet antiterroriste du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Ă Abuja oĂč il faudra dĂ©battre de solutions Ă ces menaces. Le groupe Wagner commet des violations des droits humains et met en pĂ©ril la sĂ©curitĂ© des civils et des soldats de la paix entravant ainsi lâaction de lâONU, a accusĂ© le reprĂ©sentant. Il a appelĂ© les membres du Conseil Ă relancer lâaction collective pour rĂ©gler les problĂšmes transfrontaliers de la rĂ©gion.
M. JOONKOOK HWANG (RĂ©publique de CorĂ©e) a dĂ©clarĂ© quâune gouvernance dĂ©mocratique robuste et inclusive est cruciale pour ramener la stabilitĂ© dans la rĂ©gion. Il a saluĂ© le bon dĂ©roulement des processus Ă©lectoraux en Gambie et au LibĂ©ria. Il a, en revanche, jugĂ© trĂšs prĂ©occupante la lente restauration de lâordre constitutionnel au sein de plusieurs pays de lâAfrique de lâOuest et du Sahel. « Nous exhortons tous les pays connaissant des processus de transition Ă Ćuvrer Ă un retour Ă un ordre constitutionnel dans les dĂ©lais, en coopĂ©ration avec la CEDEAO. »  Il a Ă©galement notĂ© lâinsĂ©curitĂ© Ă©levĂ©e qui prĂ©vaut dans le centre du Sahel et exhortĂ© le Conseil Ă rester pleinement engagĂ©. Enfin, le dĂ©lĂ©guĂ© sâest inquiĂ©tĂ© de lâacuitĂ© de la situation humanitaire au Sahel, plus de 26 millions de personnes ayant besoin dâune aide vitale.
M. DAI BING (Chine) sâest fĂ©licitĂ© que le NigĂ©ria, la Sierra Leone et la CĂŽte dâIvoire aient achevĂ© leurs processus Ă©lectoraux, et que le SĂ©nĂ©gal et le Togo soient pleinement engagĂ©s dans un dialogue politique positif. NĂ©anmoins, la situation politique et sociale demeure instable dans certains pays, tandis que les transitions politiques au Mali, au Niger et ailleurs sont entrĂ©es dans une phase critique, a-t-il notĂ©. Le reprĂ©sentant a rĂ©itĂ©rĂ© lâappui de son pays aux Ătats de la rĂ©gion qui doivent surmonter leurs diffĂ©rends politiques grĂące au dialogue et crĂ©er les conditions propices Ă la rĂ©conciliation. Pour y parvenir, il a jugĂ© essentiel dâamĂ©liorer la gouvernance et de renforcer lâautoritĂ© de lâĂtat, avec lâappui de la communautĂ© internationale, sans toutefois imposer de modĂšles de transformation dĂ©mocratique inefficace.
Dans ces conditions, il a saluĂ© lâappui important que la CEDEAO continue de fournir aux processus politiques au Mali et ailleurs conformĂ©ment Ă la volontĂ© des pays concernĂ©s. Les pays de la rĂ©gion sont en premiĂšre ligne des efforts de lutte contre le terrorisme et pour maintenir la stabilitĂ© de la rĂ©gion, a-t-il apprĂ©ciĂ©, notant la volontĂ© de la CEDEAO de dĂ©ployer une force permanente pour mener des efforts concertĂ©s de lutte antiterroriste. Il a nĂ©anmoins dit attendre des pays du Sahel quâils Ă©laborent une vision collective et renforcent leur action commune Ă cet Ă©gard, en menant des actions pragmatiques et en renforçant leurs capacitĂ©s dâintervention. Le reprĂ©sentant a par ailleurs notĂ© que les pays de la rĂ©gion sont confrontĂ©s Ă un ralentissement Ă©conomique et Ă une inflation Ă la hausse, qui sâajoutent aux crises humanitaires et alimentaires. à ses yeux, le Plan dâappui des Nations Unies pour le Sahel et la stratĂ©gie intĂ©grĂ©e pour le Sahel devraient permettre dâobtenir des rĂ©sultats concrets. Enfin, il a annoncĂ© que le Ministre chinois des affaires Ă©trangĂšres se rendra au Togo et en CĂŽte dâIvoire la semaine prochaine afin de promouvoir la paix et la stabilitĂ© dans la rĂ©gion.
Mme VANESSA FRAZIER (Malte) a saluĂ© les Ă©lections organisĂ©es en 2023 au NigĂ©ria, au LibĂ©ria et en GuinĂ©e-Bissau et reconnu la reprĂ©sentation accrue des femmes aux postes politiques en Sierra Leone et en CĂŽte dâIvoire Ă la suite des rĂ©centes Ă©lections dans ces deux pays. Elle a ensuite exhortĂ© les gouvernements de transition de la rĂ©gion Ă sâengager dans des plans de transition rĂ©alistes et Ă revenir sans dĂ©lai Ă lâordre constitutionnel. à cet Ă©gard, la reprĂ©sentante a rĂ©itĂ©rĂ© son appel Ă la libĂ©ration immĂ©diate et inconditionnelle du PrĂ©sident Mohamed Bazoum du Niger, soutenant la voie Ă suivre proposĂ©e lors de la soixante-quatriĂšme session ordinaire de la CEDEAO tenue en dĂ©cembre dernier, pour le rĂ©tablissement de lâordre constitutionnel dans le pays.
Sâagissant de la situation au Mali, Ă la suite de la fermeture de la MINUSMA Ă la demande du Gouvernement de transition malien, la reprĂ©sentante a estimĂ© que la communautĂ© internationale doit continuer Ă jouer son rĂŽle pour soutenir et sauvegarder le bien-ĂȘtre du peuple malien, alors que le pays connaĂźt une recrudescence des attaques terroristes et des hostilitĂ©s entre les parties Ă lâAccord de paix. Aussi a-t-elle appelĂ© le Gouvernement de transition malien Ă sâengager ouvertement avec le systĂšme des Nations Unies et Ă dĂ©finir un nouveau rĂŽle pour lâUNOWAS et lâĂ©quipe de pays des Nations Unies dans le cadre du transfert des tĂąches qui incombaient Ă la Mission.
M. JAMES KARIUKI (Royaume-Uni) a relevĂ© que la sĂ©curitĂ© dans de pans entiers du Sahel se dĂ©tĂ©riore, en particulier au Mali, oĂč, Ă son avis, lâUNOWAS est appelĂ© Ă jouer un rĂŽle crucial aprĂšs le retrait de la MINUSMA. Il a encouragĂ© le Bureau, par ses bons offices, Ă aider Ă ramener tous les signataires des Accords dâAlger de 2015 Ă la table des nĂ©gociations, saluant au passage les contributions de la CEDEAO et de lâInitiative dâAccra Ă la sĂ©curitĂ© rĂ©gionale. Il a aussi prĂ©venu que les problĂšmes de sĂ©curitĂ© de la rĂ©gion ne pourront ĂȘtre rĂ©glĂ©s par le chaos dĂ©stabilisant du groupe mercenaire russe Wagner. Alors que la dĂ©mocratie est sous pression dans la rĂ©gion, il a notĂ© que les dĂ©lais de rĂ©tablissement de gouvernements constitutionnels au Mali, au Burkina Faso et en GuinĂ©e ne cessent de sâallonger. Le Royaume-Uni soutient donc les appels de la CEDEAO en faveur dâun retour Ă lâordre constitutionnel et encourage un rĂ©engagement en faveur des calendriers de transition, a dĂ©clarĂ© le dĂ©lĂ©guĂ© avant dâappeler le Niger Ă convenir dâun calendrier de transition avec la CEDEAO et de demander le respect dâune transition inclusive et transparente au Tchad.
Le dĂ©lĂ©guĂ© a fĂ©licitĂ© par ailleurs le LibĂ©ria pour son rĂ©cent transfert pacifique de pouvoir. Il a saluĂ© le travail de lâUNOWAS sur le lien entre le climat et la sĂ©curitĂ© et soutenu les travaux menĂ©s dans la rĂ©gion pour renforcer la rĂ©silience des personnes les plus vulnĂ©rables aux changements climatiques. Enfin, sâagissant de la situation humanitaire « dĂ©sastreuse », le reprĂ©sentant a signalĂ© que depuis 2019, lâaide britannique a permis de sauver la vie de plus de 15 millions de personnes au Sahel, mĂȘme si tous les besoins ne sont toujours pas satisfaits. Il a donc appelĂ© tous les acteurs Ă garantir un accĂšs sĂ»r et sans entrave Ă lâaide humanitaire. Le reprĂ©sentant a conclu en assurant que le Royaume-Uni souhaite travailler plus Ă©troitement avec lâUNOWAS et la CEDEAO pour contribuer Ă relever les dĂ©fis rĂ©gionaux.
M. SAMUEL ĆœBOGAR (SlovĂ©nie) a soulignĂ© lâimportance de la dĂ©mocratie et des partenariats rĂ©gionaux et internationaux pour assurer le succĂšs des transitions vers des sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques en Afrique de lâOuest, prĂŽnant une coordination Ă©troite entre lâUNOWAS, la CEDEAO et les pays participant aux processus de transition, en vue dâun retour rapide Ă lâordre constitutionnel. Le reprĂ©sentant a attirĂ© lâattention sur le rĂ©trĂ©cissement de lâespace civique et politique dans certains pays de la rĂ©gion, alors quâil est essentiel de donner la parole Ă tous les segments de la sociĂ©tĂ© si lâon veut instaurer la confiance nĂ©cessaire au maintien de la paix. Les gouvernements et les partis politiques doivent sâengager dans un dialogue politique inclusif, a-t-il recommandĂ©.
PrĂ©occupĂ© par lâinsĂ©curitĂ©, lâinstabilitĂ©, les menaces terroristes et la violence intercommunautaire, le reprĂ©sentant a encouragĂ© le Conseil Ă renforcer les efforts de lâUNOWAS et de lâĂ©quipe de pays des Nations Unies. Il faut investir dans la prĂ©vention, la consolidation de la paix et la stabilisation rĂ©gionale ainsi que dans des sociĂ©tĂ©s et des institutions rĂ©silientes, a-t-il ajoutĂ©. Le dĂ©lĂ©guĂ© a demandĂ© des enquĂȘtes sur toutes les violations du droit international humanitaire et des droits humains dans le cadre des opĂ©rations de lutte contre le terrorisme. Il a prĂ©venu du dĂ©bordement de lâinsĂ©curitĂ© du Sahel vers les Ătats cĂŽtiers rappelant la nouvelle initiative de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© de lâUnion europĂ©enne en soutien aux pays du golfe de GuinĂ©e. Le dĂ©lĂ©guĂ© sâest aussi dĂ©clarĂ© prĂ©occupĂ© par le recrutement dâenfants par les groupes armĂ©s, les enlĂšvements de filles, les fermetures dâĂ©coles et les violences sexuelles et sexistes. Seul un engagement Ă long terme dans les domaines de lâaide humanitaire, du dĂ©veloppement et de la paix peut dĂ©boucher sur des solutions durables dans la rĂ©gion, a-t-il conclu.
M. ANDRĂS EFREN MONTALVO SOSA (Ăquateur) a soulignĂ© lâimportance dâinstitutions dĂ©mocratiques robustes, avant de dĂ©plorer les ruptures de lâordre constitutionnel dans la rĂ©gion. Toute rupture doit ĂȘtre condamnĂ©e, a dit le dĂ©lĂ©guĂ©, en faisant allusion au rĂ©cent coup dâĂtat au Niger. Il a saluĂ© les efforts de consolidation de la CEDEAO de lâordre constitutionnel au Niger et au Mali. Le dĂ©lĂ©guĂ© a aussi souhaitĂ© que les calendriers Ă©lectoraux soient respectĂ©s. Il a rappelĂ© que la lutte contre le terrorisme doit respecter les droits humains, avant de souligner le rĂŽle capital que joue lâUNOWAS dans la rĂ©gion. Il est nĂ©cessaire de prĂ©server la sĂ©curitĂ© maritime dans le golfe de GuinĂ©e, a ensuite plaidĂ© le dĂ©lĂ©guĂ©. Enfin, il a soulignĂ© lâacuitĂ© de la situation humanitaire dans la rĂ©gion et appelĂ© Ă remĂ©dier Ă ses causes profondes.
Mme ANNA M. EVSTIGNEEVA (FĂ©dĂ©ration de Russie) a constatĂ© que la situation dans la rĂ©gion du Sahara et du Sahel ne sâamĂ©liore pas, principalement en raison de la menace terroriste croissante. Le renforcement des capacitĂ©s de combat de lâĂtat islamique du Grand Sahara (EIGS) complique la situation sĂ©curitaire dans les pays du bassin du lac Tchad. Pendant ce temps, les organisations terroristes du Sahel Ă©tendent progressivement leur zone dâactivitĂ©s vers les Ătats du golfe de GuinĂ©e, y compris le BĂ©nin, la CĂŽte dâIvoire et le Togo. Les zones frontaliĂšres demeurent lâĂ©picentre des tensions dans la rĂ©gion, a-t-elle notĂ©, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, situĂ©s dans le triangle Liptako-Gourma. Pour assurer la stabilisation Ă long terme de la rĂ©gion, la reprĂ©sentante a appelĂ© au soutien de la communautĂ© mondiale Ă ces trois pays. Elle a jugĂ© « destructrices » les actions menĂ©es par la France et dâautres acteurs extĂ©rieurs visant Ă dĂ©placer les dirigeants de transition « indĂ©sirables ». Il est essentiel que la CEDEAO Ă©tablisse un dialogue avec les trois Ătats afin de rĂ©soudre les menaces communes qui pĂšsent sur la rĂ©gion, a-t-elle soulignĂ©.
Dans ce contexte, elle sâest fĂ©licitĂ©e de la conclusion, le 16 septembre 2023, dâun accord sĂ©curitaire entre ces trois pays. Cette interaction accrue porte dĂ©jĂ ses fruits, a-t-elle notĂ©, citant en exemple la tenue dâopĂ©rations antiterroristes conjointes. MalgrĂ© la fin de la Mission multidimensionnelle intĂ©grĂ©e des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et « lâeffondrement » du G5 Sahel, le Mali a Ă©tĂ© en mesure de rĂ©tablir son contrĂŽle sur Kidal, sâest-elle fĂ©licitĂ©e. Dans le mĂȘme temps, les autoritĂ©s de transition du Burkina Faso, de GuinĂ©e et du Mali doivent respecter le calendrier convenu pour le retour Ă lâordre constitutionnel. Elle a ajoutĂ© que lâachĂšvement de la pĂ©riode de transition doit se faire sans intervention Ă©trangĂšre et en sâappuyant sur des Ă©valuations rĂ©alistes de la situation. Pour sa part, la FĂ©dĂ©ration de Russie compte continuer Ă contribuer aux efforts de la communautĂ© mondiale visant Ă instaurer la stabilitĂ© dans la rĂ©gion, notamment en augmentant la capacitĂ© de combat des forces armĂ©es des Ătats du Sahel.
Mme SHINO MITSUKO (Japon) a considĂ©rĂ© quâil est grand temps que le Conseil de sĂ©curitĂ© sâexprime dâune seule voix pour soutenir la mission de lâUNOWAS Ă travers lâadoption dâune dĂ©claration prĂ©sidentielle. Elle sâest ensuite fĂ©licitĂ©e de certains dĂ©veloppements politiques positifs dans la rĂ©gion, notamment de la tenue dâĂ©lections pacifiques au LibĂ©ria. Dans le mĂȘme temps, celle-ci continue dâĂȘtre marquĂ©e par des tensions politiques accrues, un rĂ©trĂ©cissement de lâespace civique et politique et une instabilitĂ© dont tĂ©moigne la prise de pouvoir par les militaires au Niger en juillet dernier. La dĂ©tĂ©rioration de la situation sĂ©curitaire dans la rĂ©gion prĂ©sente des risques dâentraĂźnement sur les Ătats riverains du golfe de GuinĂ©e, alors que les affrontements et les violences au Mali connaissent une recrudescence Ă la suite du retrait de la MINUSMA, a mis en garde la reprĂ©sentante.
Pour relever les dĂ©fis de plus en plus nombreux auxquels la rĂ©gion est confrontĂ©e, la reprĂ©sentante a jugĂ© essentiel dâadopter une approche associant humanitaire, dĂ©veloppement et paix. Enfin, compte tenu du retrait de la MINUSMA et de lâannonce de la dĂ©cision de dissoudre le G5 Sahel, elle a rĂ©alisĂ© que le Conseil aurait moins dâoccasions de discuter de la situation dans la rĂ©gion du Sahel. Toutefois, a-t-elle estimĂ©, compte tenu des dĂ©fis auxquels la rĂ©gion est confrontĂ©e, ce nâest pas le moment pour le Conseil de relĂącher son attention.
M. NICOLAS DE RIVIĂRE (France) a rappelĂ© que lâAfrique de lâOuest et le Sahel ont dĂ» faire face Ă de nombreux dĂ©fis au cours de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e: des crises politiques, la rupture de lâordre constitutionnel au Niger ainsi que le dĂ©part de la MINUSMA aprĂšs 10 ans de prĂ©sence au Mali, « dans des conditions difficiles ». Il sâest inquiĂ©tĂ© pour les 26 millions de personnes ayant besoin dâune assistance humanitaire. Le reprĂ©sentant a par ailleurs saluĂ© les Ă©vĂ©nements positifs en CĂŽte dâIvoire et au LibĂ©ria, avec notamment la tenue dâĂ©lections transparentes, inclusives et apaisĂ©es, ainsi quâen Gambie oĂč a Ă©tĂ© mise en place une Commission vĂ©ritĂ©, rĂ©conciliation et rĂ©parations.
Le dĂ©lĂ©guĂ© a saluĂ© la mobilisation de la CEDEAO, qui promeut la dĂ©mocratie et le retour Ă lâordre constitutionnel dans tous les pays oĂč il a Ă©tĂ© mis Ă mal. Il a encouragĂ© lâUNOWAS Ă continuer de la soutenir. Les situations politiques nationales ne doivent pas faire oublier les menaces transversales qui continuent de toucher lâAfrique de lâOuest notamment le terrorisme, lâinsĂ©curitĂ© maritime, lâinsĂ©curitĂ© alimentaire, et les changements climatiques, face auxquels il faut agir collectivement, a rappelĂ© le dĂ©lĂ©guĂ© en citant la dĂ©claration faite par les membres du Conseil ayant signĂ© lâengagement relatif au climat, Ă la paix et Ă la sĂ©curitĂ© au dĂ©but de cette session. « La France continuera de collaborer avec les acteurs de la rĂ©gion qui le souhaitent, dans un cadre respectueux du droit international, et Ă plaider pour un maintien de lâattention de ce Conseil. »
En savoir plus sur Mali Buzz TV
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
