34Ăšme ÉDITION DE LA COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS : les Aigles pourront-ils se dĂ©plumer du poids mental ?

Pour le plus grand bonheur du public sportif africain, la CAN a dĂ©butĂ© dans le pays de feu FĂ©lix HouphouĂ«t Boigny. Rarement, une coupe d’Afrique n’aura Ă©tĂ© si attendue et surtout si convoitĂ©e par les Ă©quipes qui compĂ©tiront pour dĂ©crocher le graal. Et pour cause, au vu des formations participantes, cette CAN sera difficile Ă  gagner, quel que soit le pedigree de l’équipe. Quasiment toutes les Ă©quipes se valent, et il ne serait pas inopportun d’affirmer que le gagnant de cette coupe aura remportĂ© plus qu’un simple trophĂ©e. Quid alors des Aigles du Mali pour lesquels l’on attend Ă  chaque Ă©dition, qu’ils matĂ©rialisent tout le bien que l’on pense d’eux ?

Ça y est donc, les Africains vibreront au rythme de leur CAN. Sur le plan organisationnel, les autoritĂ©s ivoiriennes auront mis le paquet. Des infrastructures remises Ă  neuf, une ambiance festive comme savent si bien le faire les compatriotes du prĂ©sident Alassane Dramane Ouattara. Sur le plan sportif, le dĂ©fi est, semble-t-il, plus ardu. Et ce, pour toutes les Ă©quipes prĂ©sentes.

Les lions de la Teranga, tenants du titre, partent logiquement favoris, avec une ossature qui n’aura pas rĂ©ellement variĂ© depuis leur dernier sacre. Toutefois, il y a aussi d’autres lions, ceux de l’Atlas du Maroc. Les poulains du coach Walid Regragui, aprĂšs une demi-finale historique pour une nation africaine Ă  la derniĂšre coupe du monde, auront Ă  cƓur de remporter cette coupe. Pour rappel, le Maroc, bien qu’étant considĂ©rĂ© comme un grand du continent sur le plan du football, ne compte qu’une coupe d’Afrique dans son placard. Une anomalie que compte bien corriger les joueurs marocains.

Autre favori et non des moindres, c’est l’AlgĂ©rie. AprĂšs une dĂ©cevante prestation lors de la derniĂšre CAN avec une Ă©limination dĂšs le premier tour, l’entraineur algĂ©rien, Djamel Belmadi, entend bien prouvĂ© que son pays reste la valeur sĂ»re du moment sur le continent. Car, rien de plus efficace qu’une nouvelle CAN pour panser les plaies d’une Ă©limination dans les ultimes minutes pour un match qualificatif Ă  une Coupe du monde.

En mĂȘme temps, Ă©voquer les favoris d’une CAN sans mentionner les pharaons d’Égypte, serait semblable Ă  un crime de lĂšse-majestĂ©. Il s’agit du finaliste malheureux de la derniĂšre Ă©dition, du dĂ©tenteur du record de nombre de trophĂ©es glanĂ©s, et a ce luxe de pouvoir s’appuyer sur un championnat professionnel, le plus relevĂ© du continent. Dans une CAN, l’Égypte est forcĂ©ment favorite.

Mis Ă  part ce quatuor, une bonne partie des Ă©quipes se valent plus ou moins. La CĂŽte d’Ivoire qui aura Ă  cƓur de remporter cette Ă©dition qu’elle organise, peut elle aussi remporter le trophĂ©e mais Ă  une double condition. D’abord, qu’elle parvienne Ă  ne pas se faire Ă©craser par la pression populaire qui l’entoure et ensuite qu’elle arrive Ă  construire une vĂ©ritable Ă©quipe, soudĂ©e et avec du caractĂšre.

Au-delĂ , nous aurons une Tunisie, toujours fidĂšle Ă  elle-mĂȘme avec une grande maturitĂ© tactique et un vice redoutable, une Ă©quipe du NigĂ©ria avec son armada offensive, une GuinĂ©e toujours si talentueuse et enthousiaste dans le jeu, une Gambie teigneuse et ambitieuse Ă  la fois, le Ghana avec un mĂ©lange de jeunesse et d’expĂ©rience et une Afrique du sud organisĂ©e avec un football se basant sur des incursions rapides sur les cĂŽtĂ©s.

Quid des Aigles du Mali ?

Il semblerait que cette fois, le sĂ©lectionneur malien ait pris la bonne mesure du dĂ©fi qu’il a Ă  relever. MĂȘme si, des dĂ©tails peuvent faire croire que cette Ă©quipe malienne a encore des manques criards dans son jeu, notamment en dĂ©fense, un bon discours au bon moment peut faire mouche auprĂšs d’un groupe de joueurs avec certes un trĂšs bon potentiel, mais qui souffrirait du « syndrome du joueur malien ». Pour rĂ©ussir une compĂ©tition, le talent ne suffit pas, loin de lĂ . Il faut, tout naturellement de l’expĂ©rience, de la discipline, et un esprit d’équipe Ă  toute Ă©preuve. Lorsque l’on joue au football dans le haut niveau, il s’agit de s’acquitter de sa tĂąche avec sĂ©rieux, abnĂ©gation et , s’il le faut, avoir l’esprit que l’on se trouve dans des tranchĂ©es, et que l’adversaire peut frapper Ă  tout moment. C’est cela qui aurait manquĂ© Ă  nombres de sĂ©lections maliennes, bien sĂ»r en mettant de cĂŽtĂ©, tous les manquements au niveau politique et administratif qui impactent aussi de maniĂšre nĂ©gative les rĂ©sultats.

Le coach Éric SĂ©kou Chelle a-t-il pu ou su trouver la bonne corde pour tirer ses poulains vers le haut ? Ce bon discours pourra-t-il pallier Ă  un certain dĂ©ficit de forme de plusieurs joueurs maliens ? Avec le premier match, nous aurons des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses.

Ahmed M. Thiam


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