Mali : 4 ans de transition, le cri de Mohamed Attaher Halidou face Ă une nation en souffrance
4 ans aprĂšs le dĂ©but de la transition malienne, le journaliste Mohamed Attaher Halidou lance un cri de cĆur poignant sur la situation du pays. Entre promesses non tenues et frustrations grandissantes, son message rĂ©sonne avec une population en proie Ă de multiples crises. DĂ©cryptage dâun texte qui fait Ă©cho Ă une rĂ©alitĂ© complexe et angoissante.
La transition malienne en panne : un bilan mitigé
Mohamed Attaher Halidou commence son texte par une observation directe : la transition, censĂ©e redresser le pays aprĂšs des annĂ©es de crise, semble vaciller. Il Ă©crit : « Une transition laisse guidon, c’est le sauve qui peut. La souffrance du peuple est indescriptible. » La mĂ©taphore du « stage fini » renvoie Ă une transition qui aurait dĂ» prĂ©parer le Mali Ă un nouveau dĂ©part, mais qui, selon lui, sâest enlisĂ© dans les difficultĂ©s. En effet, la transition dirigĂ©e par le gouvernement de transition, mis en place aprĂšs le coup dâĂtat de 2020, est censĂ©e ramener le pays Ă une gouvernance constitutionnelle (ONU).
La frustration de Halidou fait Ă©cho Ă celle de nombreux Maliens qui constatent que les dĂ©fis initiaux â sĂ©curitĂ©, bonne gouvernance, retour Ă l’ordre constitutionnel â nâont pas Ă©tĂ© relevĂ©s avec succĂšs. La transition s’est prolongĂ©e dans un climat de confusion, et certains observateurs internationaux soulignent Ă©galement l’incertitude qui entoure la durĂ©e de cette pĂ©riode dâinstabilitĂ© (Le Monde).
La souveraineté, un projet en déclin ?
Halidou critique Ă©galement la rhĂ©torique souverainiste du gouvernement de transition, quâil dĂ©crit comme « essoufflĂ©e » et « en panne ». Ce discours, qui avait galvanisĂ© de nombreux Maliens lors de la rupture avec la France et l’approfondissement des liens avec la Russie, est dĂ©sormais vu comme une coquille vide. Selon Halidou : « Le discours souverainiste, le seul projet de la transition, est aujourd’hui en panne. Il est fatiguĂ©, il marche difficilement, il titube et chancĂšle. » Cette souverainetĂ© ne sâest pas traduite par des actions concrĂštes au bĂ©nĂ©fice du peuple, dâoĂč sa rĂ©fĂ©rence Ă la rĂ©silience comme une solution illusoire offerte aux citoyens.
Les autoritĂ©s de transition avaient revendiquĂ© une autonomie accrue dans la gestion de la sĂ©curitĂ©, notamment en expulsant la force Barkhane et en forgeant des alliances avec des partenaires non traditionnels comme le groupe Wagner (BBC Afrique). Cependant, sur le terrain, l’insĂ©curitĂ© persiste, et la vie quotidienne des Maliens ne semble pas sâamĂ©liorer (Al Jazeera).
Libertés confisquées et opposition muselée
Lâun des aspects les plus alarmants de la critique de Halidou est son observation sur les atteintes aux libertĂ©s sous la transition. Selon lui : « à son nom, les libertĂ©s ont Ă©tĂ© confisquĂ©es, la prison garantie pour les opposants, les plus chanceux en exil forcĂ©. » Cette remarque fait Ă©cho Ă des rapports d’organisations internationales comme Amnesty International, qui ont signalĂ© des atteintes aux droits de lâhomme sous le gouvernement de transition.
Cependant, les autoritĂ©s de transition justifient ces mesures en invoquant des impĂ©ratifs sĂ©curitaires. Le gouvernement affirme que les dĂ©cisions prises visent Ă garantir la stabilitĂ© dans un contexte oĂč le pays est en proie Ă des menaces internes et externes majeures (RFI).
Les défis économiques et sociaux non résolus
Lâautre grand volet de la rĂ©flexion de Halidou concerne les prĂ©occupations Ă©conomiques et sociales non rĂ©solues : Ă©ducation, chĂŽmage, chertĂ© de la vie, insĂ©curitĂ©, inondations. Il Ă©crit : « Le peuple est en colĂšre. Il n’a pas d’interlocuteurs pour ses prĂ©occupations : Ă©cole, Ă©lectricitĂ©, chertĂ© de la vie, chĂŽmage, insĂ©curitĂ©, inondations. » Ces crises affectent directement la vie des Maliens, et lâincapacitĂ© du gouvernement Ă rĂ©pondre efficacement Ă ces dĂ©fis est un autre signe de dysfonctionnement, selon le journaliste. La question des 59 citernes Ă©voquĂ©e dans son texte fait rĂ©fĂ©rence Ă une promesse non tenue liĂ©e Ă lâapprovisionnement en eau, un besoin crucial pour une grande partie de la population (Jeune Afrique).
Ce sentiment de frustration est partagĂ© par de nombreuses voix au Mali, oĂč les promesses de dĂ©veloppement Ă©conomique et de rĂ©forme sociale semblent avoir Ă©tĂ© Ă©clipsĂ©es par les prĂ©occupations sĂ©curitaires. Les inondations frĂ©quentes, la hausse des prix et l’instabilitĂ© des services essentiels, comme lâĂ©lectricitĂ©, alimentent la colĂšre populaire (Le Point Afrique).
Un gouvernement « solitaire » et des décisions contestées
Halidou dĂ©crit un pouvoir de transition « solitaire », prenant des dĂ©cisions de maniĂšre unilatĂ©rale. Il souligne : « Le pouvoir de transition est en perte de vitesse. Il se cherche. Il donne l’impression d’ĂȘtre dĂ©passĂ© par les Ă©vĂ©nements. » Cette centralisation du pouvoir a Ă©tĂ© une source de prĂ©occupation pour les opposants politiques, mais aussi pour des partenaires internationaux qui craignent que le Mali ne sâisole sur la scĂšne internationale, avec des consĂ©quences Ă©conomiques et diplomatiques (France 24).
Les autoritĂ©s de transition justifient leur gouvernance par l’urgence sĂ©curitaire et l’Ă©tat de crise, insistant sur la nĂ©cessitĂ© de mesures drastiques pour faire face Ă la situation exceptionnelle du pays. Cependant, cette approche soulĂšve des inquiĂ©tudes sur le plan de la gouvernance et de la transparence (Human Rights Watch).
Conclusion : Un appel à la réévaluation
Le cri de cĆur de Mohamed Attaher Halidou est une interpellation directe, Ă la fois au pouvoir en place et Ă la population malienne. Il met en lumiĂšre les limites d’une transition qui, selon lui, nâa pas su honorer ses promesses. « Le stage est fini. Le discours ne remplace pas l’action, » rappelle-t-il, en soulignant lâurgence de changer de cap. Cet appel Ă la réévaluation de la situation politique et sociale du pays invite Ă un dĂ©bat ouvert et inclusif sur lâavenir du Mali. Pour que ce dĂ©bat soit constructif, il est impĂ©ratif dâintĂ©grer toutes les parties prenantes â gouvernement, opposition, sociĂ©tĂ© civile â afin de sortir de lâimpasse actuelle.
Le dĂ©cryptage de ce message appelle Ă©galement Ă une vigilance accrue de la part de la population et des observateurs internationaux, car comme le rappelle Halidou : « Le pays se meurt. Les Maliens dans l’angoisse, angoisse d’un lendemain incertain et compromis. » Il est temps dâagir pour Ă©viter que la situation ne s’aggrave davantage.
Voir la publication originale de Mohamed Attaher Halidou sur Facebook :
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Sources interactives :
- ONU : transition au Mali et prolongation des mandats
- Le Monde – Le Mali en transition
- BBC Afrique – SĂ©curitĂ© au Mali et partenariats avec la Russie
- Amnesty International – Rapports sur les droits humains au Mali
- Al Jazeera – La situation sĂ©curitaire au Mali
- RFI – La position du gouvernement malien
- Jeune Afrique – Crise de lâeau au Mali
- Le Point Afrique – Les dĂ©fis sociaux et Ă©conomiques au Mali
- France 24 – Gouvernance de la transition malienne
- Human Rights Watch – Atteintes aux libertĂ©s au Mali
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