La viande : Quatre usines de viande dans les starting blocs

Le Mali possède l’un des cheptels les plus importants de l’Afrique de l’Ouest, selon la Direction Nationale des Productions et Industries Animales (DNPIA), l’effectif du cheptel était estimé à 12 474 462 têtes de bovins, 20 142 677 têtes d’ovins, 27 810 553 têtes de caprins. Ce qui place le Mali au 1er rang dans l’espace UEMOA et au 2ème rang dans l’espace CEDEAO, après le Nigeria. Ce potentiel nécessite une valorisation de la transformation du bétail en viande, et des sous-produits (peaux et cuirs, lait et autres sous-produits du bétail) en vue d’une meilleure commercialisation à l’intérieur du pays, dans la sous-région et à travers le monde. Il contribue à 80% des revenus des populations des zones pastorales. Le flux monétaire engendré par les exportations du bétail se chiffre à 107, 489 milliards de FCFA et représente 21,19% du montant total des exportations du Mali.

Malheureusement, ces efforts se trouvent contrariés par des barrières non tarifaires érigées par ces marchés de consommation de la viande du Mali, d’où la réalisation d’une étude de faisabilité pour la construction de quatre usines de viande à Mopti, Sikasso, Gao et Bamako.

Cette information résulte de la 5ème session ordinaire du Comité de pilotage du Programme de Développement à l’Exportation de la Viande du Mali (PRODEVIM) s’est tenue, le lundi 14 février 2022, à la Cité administrative de Bamako.

Avec ces futures unités, nous pourrions parier sur la qualité de la viande, car en 2020 selon un responsable de la filière qui a souhaité garder l’anonymat : « les animaux sont achetés au Mali, acheminés au Sénégal puis abattu dans leur laboratoire et la viande est ramenée à Bamako pour la consommation de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MUNISMA) ».

Cependant, le Mali a un Programme de développement de l’exportation de la viande (PROVEM), programme initié par le Ministère du Commerce et de la Concurrence, en collaboration avec différents départements ministériels avec l’appui financier et technique du Programme des Nations Unies pour le développement PNUD et l’Organisation des Nations pour le développement industriel (ONUDI). Son objectif est d’assurer le développement de l’exportation de la viande du Mali, d’améliorer les revenus des producteurs, des marchands et des exportateurs de viande en vue d’accroître la valeur ajoutée des exportations Maliennes.

Poser la question de la qualité de la viande a-t-il un sens dans une situation de manque endémique ? D’autant plus que la situation des bouchers et des autres petits opérateurs de la filière n’est pas meilleure que celle de leurs clients. Les conditions économiques sont fragiles et l’exercice du métier est précaire.

Pour une population d’environ 2 millions d’habitants, Bamako compte deux abattoirs, dont un seul qui soit frigorifique et dont la création remonte à l’Indépendance (1960). Quelque 400 bouchers y feraient abattre quotidiennement des milliers de moutons, de chèvres et des centaines de bovins.

M. Yattara

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