Mali : Une Saison des Pluies Dévastatrice – La Montée Inquiétante des Eaux
Bilan humain et matériel alarmant
Selon le dernier communiqué du Centre de coordination et de gestion des crises (Cecogec), 187.767 personnes sont sinistrées, parmi lesquelles 64 décès et 148 blessés. Les inondations ont touché 30.209 bâtiments qui se sont effondrés, et 32.822 maisons sont désormais à risque d’effondrement ou gravement endommagées.
« Les chiffres montrent que nous faisons face à l’une des pires crises hydrologiques de ces dernières décennies, » a déclaré Babba Coulibaly, secrétaire permanent du Comité, lors de la réunion du 19 septembre 2024.
Des précipitations largement supérieures à la moyenne
Selon les données de l’Agence malienne de météorologie (Mali-Météo), les précipitations enregistrées dans la région sahélienne cette année sont supérieures de 120% à 200% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette situation est en partie liée aux phénomènes climatiques globaux comme El Niño, qui intensifie les vagues de pluie dans la région du Sahel.
« La situation hydrologique actuelle est un résultat direct de la modification des régimes de précipitations, accentuée par le réchauffement climatique. Nous assistons à des crues sans précédent depuis plus de cinquante ans, » a expliqué le Dr Abdarahmane Sylla lors d’une conférence tenue le 28 septembre 2024.
Lâchers d’eau des barrages : Une gestion nécessaire mais risquée
En réponse à cette montée des eaux, les autorités ont procédé à des lâchers d’eau au niveau des principaux barrages, notamment celui de Sélingué. Le niveau du barrage est passé à 346,48 mètres, approchant dangereusement la limite critique de 346,50 mètres.
« Les lâchers d’eau étaient inévitables pour éviter un débordement catastrophique, mais ils ont des conséquences écologiques indéniables sur les écosystèmes en aval, » a déclaré Abdoulaye Diarra, spécialiste en hydraulique, le 2 octobre 2024.
Ces lâchers d’eau perturbent les cycles de reproduction des poissons dans le fleuve Niger, compromettant ainsi l’équilibre écologique. De plus, les agriculteurs locaux constatent une érosion accélérée des sols, affectant les terres agricoles situées le long des plaines alluviales.
Impact écologique et économique : une catastrophe multidimensionnelle
Les Nations Unies, à travers leur programme d’urgence en matière d’alimentation et d’agriculture, ont signalé que les inondations affectent gravement les terres agricoles, menaçant la sécurité alimentaire dans le pays. Selon leur estimation, environ 300.000 Maliens risquent de basculer dans une situation d’insécurité alimentaire à cause de la destruction des récoltes.
« Les dégâts causés par ces inondations sont dévastateurs. Non seulement les récoltes actuelles sont perdues, mais la fertilité des sols est compromise pour les années à venir, » a déclaré un expert de la FAO lors d’une conférence tenue à Bamako le 30 septembre 2024.
Un appel à l’aide internationale : la réponse en suspens
Face à l’ampleur de la crise, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, lors d’un point de presse le 3 octobre 2024, a lancé un appel à l’aide internationale. Il a mis en garde contre les risques d’inondations supplémentaires et exhorté les populations vivant dans les zones à risque à évacuer immédiatement.
« La situation est critique, et nous devons agir rapidement. La communauté internationale doit soutenir le Mali dans cette gestion de crise, sinon les conséquences seront encore plus dramatiques, » a-t-il déclaré.
La Banque mondiale a également mentionné dans un rapport de septembre 2024 l’importance d’accélérer les projets d’infrastructures résilientes pour lutter contre les inondations et améliorer les capacités de drainage des villes, notamment Bamako.
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