CRISE DE CONFIANCE ENTRE LA CEDEAO ET MALI : Un compromis dynamique est-il possible ?

De plus en plus, notre économie se trouve impactée par les affres des sanctions économiques « illégales et illégitimes » qui nous ont été infligées par la CEDEAO. Ces sanctions ont été amplifiées par la communauté internationale qui a suivi les organisations sous régionales pour asphyxier le Mali. La pomme de discorde entre le Mali et la CEDEAO se trouve dans le refus des deux parties à avoir un compromis autour du délai, raisonnable pour la CEDEAO et suffisant pour le gouvernement afin de mener les réformes idoines. Pour sortir de la crise le dialogue doit s’instaurer entre les deux parties afin qu’ une solution négociée puisse être trouvée . C’est cela qui permettra aux dirigeants de la Transition malienne et à ceux de la CEDEAO et de l’UEMOA de sauver la face. Au-delà des sanctions qui pénalisent toutes les parties, la CEDEAO et le Mali doivent aller, dans les meilleurs délais, vers un compromis dynamique où chaque partie va lâcher du lest.

Ces sanctions « injustes » semblent aujourd’hui intenables. Parce que les populations ressentent beaucoup l’impact de la fermeture des frontières et surtout du gel des avoirs financiers du Mali à la BCEAO. Cela, malgré le verdict de la Cour de justice de l’UEMOA, le sursis à exécution de ces sanctions illégales n’est pas effectif.

En effet, l’on se demande sur quelle base les chefs d’Etat ont pu refuser d’appliquer la décision de la juridiction de l’UEMOA. Ce refus ne serait-il pas préjudiciable au bon fonctionnement de l’organisation, car il engendra un antécédent fâcheux.  Il faut rappeler que ces sanctions ont créé un sentiment anti CEDEAO / UEMOA au Mali à telle enseigne que l’écrasante majorité ne veut même pas entendre parler de ces organisations. Les maliens sont déçus de cet acharnement qui nuit à leurs intérêts économiques et financiers. Pour eux les prétextes avancés sont fallacieux et injustes. On parle de rupture constitutionnelle, alors que pour le citoyen lambda la constitution n’a jamais existé ou du moins elle a été allègrement violée par ceux-là même qui devraient être ses garants.  Un compromis est d’autant plus nécessaire que même les dirigeants de la transition sont à bout de souffle aujourd’hui, idem pour la population qui broie du noir à cause de ces sanctions inhumaines. Les autorités maliennes tiennent à des réformes avant d’aller aux élections. Car pour elles des réformes politiques et institutionnelles sont indispensables pour mettre sur les rails le pays. Elles ont rappelé à la CEDEAO un engagement que l’organisation sous régionale avait prise en 2018 dans la foulée de la crise postélectorale, pour des réformes institutionnelles et constitutionnelles idoines. La question que l’on se pose est comment envisager un retour à la normalité constitutionnelle sans réformes au préalable ?

Il est donc clair que pour éviter de prolonger cette situation d’incompréhension passagère entre le Mali et la CEDEAO, à propos du chronogramme, les deux parties doivent faire des concessions souhaitables. N’est-il pas raisonnable qu’Abuja et Bamako coupent la pomme en deux en optant pour vingt mois ? Cette durée peut permettre de prioriser les réformes essentielles pour la transparence et la crédibilité des prochaines élections.

Il faut que les décideurs fassent un effort dans le sens de la recherche du compromis pour le dénouement de cette crise. Ils doivent absolument faire des sacrifices pour soulager les nombreuses difficultés économiques et financières des populations. Puisque, ces sanctions accentuent le mal-vivre des populations non seulement du Mali, mais aussi des pays voisins. Elles occasionnent également des pertes énormes chez les opérateurs économiques, sans oublier la tension de trésorerie pour l’Etat du Mali. Les dirigeants de la CEDEAO sont interpellés pour sauver le peuple du Mali.

Assitan DIAKITE

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