RĂ©alisĂ©e Ă  Bamako, cette interview de GĂ©nĂ©ral Dimitri prend aujourd’hui une rĂ©sonance particuliĂšre. Disparu le 10 octobre 2024, l’artiste reggae ivoirien y livrait une parole calme, habitĂ©e, profondĂ©ment tournĂ©e vers l’amour du prochain, le vivre-ensemble et la responsabilitĂ© individuelle. Ce document vidĂ©o, captĂ© par Mali Buzz TV, conserve ainsi la force d’un tĂ©moignage intime, artistique et humain.


À Bamako, la parole d’un artiste habitĂ© par l’amour

Dans cet entretien autobiographique accordĂ© Ă  Mali Buzz TV, GĂ©nĂ©ral Dimitri, de son vrai nom Niango Dimitri, se prĂ©sente avec sobriĂ©tĂ© : artiste, chanteur, originaire de CĂŽte d’Ivoire et nĂ© Ă  Abidjan, plus prĂ©cisĂ©ment dans la commune du Plateau. TrĂšs vite, son rĂ©cit dessine le portrait d’un musicien pour qui la musique n’est pas un simple mĂ©tier, mais une vocation ancienne, presque organique, enracinĂ©e dans l’enfance et dans l’expĂ©rience spirituelle.

Ce qui frappe dans sa parole, c’est la cohĂ©rence entre son identitĂ© artistique et sa vision du monde. Chez lui, le reggae n’est pas une posture dĂ©corative. Il est prolongement d’une foi, d’une Ă©thique et d’un message.

Une formation musicale nĂ©e Ă  l’église

GĂ©nĂ©ral Dimitri explique que l’essentiel de son apprentissage musical vient de l’église. Il prĂ©cise avoir frĂ©quentĂ© plus tard le conservatoire, mais rappelle que tout ce qu’il sait vraiment de la musique, du chant comme des instruments, il l’a appris dans le cadre ecclĂ©sial.

Il se prĂ©sente lui-mĂȘme comme maĂźtre de chƓur et organiste, nourri par les chants liturgiques et par une pĂ©dagogie spirituelle centrĂ©e sur l’amour, la communion et le service.

« Aime ton prochain comme toi-mĂȘme. »

Cette rĂ©fĂ©rence n’est pas anodine. Elle constitue le socle de son identitĂ© artistique. Chez GĂ©nĂ©ral Dimitri, l’amour n’est pas un slogan. Il est une ligne de conduite, une responsabilitĂ© et une vision du monde.

Un reggae de conviction, entre foi et responsabilité

Tout au long de l’interview, l’artiste insiste sur un constat qu’il juge plus actuel que jamais : le monde manque d’amour vrai. À ses yeux, beaucoup parlent, peu agissent. Cette critique donne une profondeur particuliùre à son positionnement artistique.

Il Ă©voque une chanson significativement intitulĂ©e Action, dont l’idĂ©e centrale tient dans une formule simple et puissante :

« L’action pĂšse plus que les mots. »

Cette phrase rĂ©sume toute sa philosophie. Pour lui, la musique doit servir Ă  Ă©veiller les consciences et Ă  rappeler l’écart entre les discours et les actes.


Bamako, le Mali Reggae Festival et la fraternité africaine

Présent à Bamako dans le cadre du Mali Reggae Festival, Général Dimitri inscrit son parcours dans une dynamique africaine. Entre Abidjan et Bamako, il voit dans la musique un espace de rencontre et de fraternité entre les peuples.

Ce passage donne Ă  l’interview une dimension sous-rĂ©gionale forte, en phase avec les rĂ©alitĂ©s culturelles ouest-africaines.

Football, tensions et appel Ă  l’unitĂ©

InterrogĂ© sur les tensions liĂ©es au football, il adopte une posture d’apaisement. Il reconnaĂźt la passion, mais refuse que celle-ci dĂ©bouche sur la division.

« L’homme vaut mieux qu’un ballon. »

Son message est clair : au-delĂ  des rivalitĂ©s sportives, l’essentiel reste le lien humain.

Une interview devenue document de mémoire

Depuis la disparition de Général Dimitri, cette interview ne se regarde plus comme un simple contenu promotionnel. Elle devient une archive, un témoignage et une trace.

On y découvre un artiste en construction, habité par une vision forte, lucide et profondément humaine.

Regarder cette interview aujourd’hui, c’est Ă©couter une parole d’unitĂ©, de foi et d’engagement, devenue avec le temps un document de mĂ©moire.


CrĂ©dit photo : Boub’s SiDiBÉ / Mali Buzz TV.