Éditorial: Une annĂ©e s’achĂšve, une autre commence

Au nom de toute la rĂ©daction de votre hebdomadaire d’informations, l’alternance je prĂ©sente Ă  nos lecteurs et admirateurs, les vƓux les meilleurs de bonne et heureuse annĂ©e 2024. Que la paix, la cohĂ©sion et l’unitĂ© reviennent dans notre pays et que 2024 soit le dĂ©but de la fin des souffrances du rĂ©silient peuple. En effet, l’annĂ©e qui vient de s’achever a Ă©tĂ© la plus Ă©prouvante, la plus calamiteuse et la plus couteuse en termes de perte en vies humaines, tant du cĂŽtĂ© des forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© que de celui des civils. Que toutes les victimes civiles et militaires trouvent l’expression de notre grande compassion et que le tout puissant leur rĂ©serve le paradis cĂ©leste. Pour rappel l’annĂ©e qui vient de s’achever a Ă©tĂ© marquĂ©e par une crise sociale aigĂŒe avec son corollaire de vie chĂšre, de crise Ă©nergĂ©tique et de chĂŽmage en masse des travailleurs.

En effet, jamais une crise Ă©nergĂ©tique n’a atteint des telles proportions, de l’avĂšnement de la dĂ©mocratie Ă  nos jours, jamais le nombre de chĂŽmeurs n’a atteint un tel niveau au Mali. Ceux qui sortent des instituts de formations, d’écoles et d’universitĂ©s n’ont pas d’emplois, ceux qui travaillent dĂ©jĂ  ont vu leurs contrats rĂ©siliĂ©s faute d’argent, ceux qui sont employĂ©s par les entreprises privĂ©es ont Ă©tĂ© mis en chĂŽmage technique Ă  cause de la crise financiĂšre,  certaines  entreprises ont Ă©tĂ© obligĂ©es de fermer leurs portes soit pour non-paiement d’impĂŽts ou  tout simplement Ă  cause de la crise trĂ©sorerie. La troisiĂšme vague est celle qui a Ă©tĂ© victime de la brouille diplomatique entre le Mali et la plus part de ses partenaires bilatĂ©raux et multilatĂ©raux, comme entre autres la MINUSMA, Barkhane, les ONG qui ont vu leur contrat de bail retirĂ© par les autoritĂ©s maliennes.

L’annĂ©e 2023 a battu tous les records en termes de crises de tous genres et touchant tous les secteurs socioĂ©conomiques du Pays. En effet,  si les maliens ont portĂ© sur leurs frĂȘles Ă©paules le lourd fardeau consĂ©cutif Ă  la crise multidimensionnelle, ce qu’ils aiment leur patrie et sont prĂȘts aux sacrifices ultimes. C’est pourquoi en dĂ©pit des souffrances qu’ils endurent ils sont restĂ©s fidĂšles Ă  leur engagement de soutenir les autoritĂ©s, mais combien de temps encore, car la situation perdure et les solutions tardent Ă  venir. La question qui taraude les esprits est celle de savoir si les autoritĂ©s sont conscientes de la profondeur de la crise ? Cette question vaut son pesant d’or quand on sait que le train de vie de l’Etat n’a guĂšre Ă©tait rĂ©duit et les autoritĂ©s vivent dans un luxe insolent quand une frange importante du peuple crĂšve de faim. Les budgets des institutions ont encore pris de l’ascenseur en 2024, quand les groupes Ă©lectrogĂšnes censĂ©s donner de l’électricitĂ© Ă  la population sont Ă  sec faute de carburant. Les denrĂ©es de premiĂšre nĂ©cessitĂ© ne sont plus Ă  portĂ©e de mains d’une Ă©crasante majoritĂ© du peuple. Rares sont les foyers qui ont deux bons repas par jour. En dĂ©pit de ce tableau peu reluisant sur le plan socioĂ©conomique, une prouesse a Ă©tĂ© faite dans le domaine sĂ©curitaire avec la reprise et la mise dans le giron de l’Etat du Mali, la ville rebelle de Kidal.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’un des points positifs et qui a attirĂ© l’attention du peuple, est la reprise de Kidal des mains des rebelles qui en ont fait une enclave autonome. Cette reprise a Ă©tĂ© saluĂ©e de Kayes Ă  Kidal. C’est d’ailleurs cette reprise que d’aucuns qualifient de libĂ©ration qui donne, sans nul doute,  aux autoritĂ©s actuelles une certaine popularitĂ© en dĂ©pit du lourd fardeau socioĂ©conomique qui pĂšse sur les citoyens. Vont-elles prendre rapidement conscience de la profondeur de la crise qui sĂ©vit au Mali et prendre des mesures idoines pour Ă©viter le pĂ©ril socioĂ©conomique voire sĂ©curitaire qui guette la demeure Mali ? Elles doivent  parer au plus pressĂ© pour que le rĂ©veil ne soit pas brutal voir violent en mettant tout en Ɠuvre pour soulager le rĂ©silient peuple. Qu’il soit dit en passant la rĂ©silience a ses limites, car tout individu guidĂ© par un instinct de survie est capable du pire

En dĂ©finitive, l’annĂ©e 2023 a Ă©tĂ© non seulement  pleine d’émotion, de passion et de compassion, mais aussi et surtout de joie pour le peuple malien. Donc il revient aux autoritĂ©s de changer de fusil d’épaule afin d’apporter des solutions idoines aux multiples prĂ©occupations du peuple malien.

Youssouf Sissoko


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