Mali Plaques et Mali Technic System : 26 ans de flou et d’informel

Au Mali, il y a des entreprises qui cassent du sucre sur le dos de l’Etat et des citoyens. Au nombre de celles-ci, rapportent des sources anonymes, figurent en bonne place les sociĂ©tĂ©s Yattassaye et fils et Mali Technic System. ChargĂ©es respectivement de confectionner et commercialiser les plaques d’immatriculation et assurer le contrĂŽle technique des vĂ©hicules, ces firmes bĂ©nĂ©ficient Ă  la fois du beurre et de l’argent du beurre.

Mettre fin  Ă  l’exclusivitĂ© et Ă  la mainmise de ces sociĂ©tĂ©s sur ces secteurs clĂ©s des transports au Mali et permettre au pays de bĂ©nĂ©ficier de redevances. Ce sont lĂ , entre autres, le vƓu pieux de l’Etat depuis bientĂŽt une dĂ©cennie, rapportent les mĂȘmes sources. Pour elles, cette volontĂ© politique est butĂ©e Ă  une rĂ©sistance farouche de ces deux entitĂ©s qui useraient de tous les subterfuges possibles, quitte Ă  traĂźner l’Etat devant les tribunaux, pour ralentir le processus.

Nos sources affirment que cela dure 27 ans que la SociĂ©tĂ© Yattassaye et fils (Mali Plaques) et Mali Technic System rĂšgnent sans partage sur les marchĂ©s de confection et de commercialisation de plaques d’immatriculation et de contrĂŽle technique des vĂ©hicules au Mali. Une pĂ©riode durant laquelle plusieurs experts, selon les indiscrĂ©tions, ont dĂ©noncĂ© cette exclusivitĂ© qui s’est malheureusement soldĂ©e par la mauvaise qualitĂ© des plaques et la violation de plusieurs dispositions de leurs cahiers de charges. ConsĂ©quences : des manques Ă  gagner considĂ©rables pour l’Etat et autres dĂ©sagrĂ©ments autant pour les usagers de ces services. Ainsi, le premier gouvernement du rĂ©gime IBK avait essayĂ© de mettre fin Ă  ce phĂ©nomĂšne en 2013. Mais, c’était sans compter avec la dĂ©termination de la famille Yattassaye et de Mali Technic System de ne pas se laisser faire. Et pour ce faire, elles ont fait feu de tout bois.

Yattassaye et Fils en deçà des attentes

Aux dires de nos sources, pour comprendre les faits, il faut remonter au milieu des annĂ©es 1990, lorsque l’Etat a dĂ©cidĂ© d’organiser ces deux secteurs.

En effet, le gouvernement du Mali a signĂ© une convention de concession de service public relatif Ă  la fourniture des plaques et d’emboutissage des caractĂšres sur les plaques d’immatriculation standardisĂ©es des vĂ©hicules avec la sociĂ©tĂ© Yattassaye et Fils le 1er   avril 1996, pour une durĂ©e de sept (07) ans, qui peut ĂȘtre reconduite pour une durĂ©e renouvelable de cinq (05) ans.

Effectivement, la convention a Ă©tĂ© reconduite jusqu’en 2013. En cette mĂȘme annĂ©e,  l’Etat, par la lettre n°00447/Metd-SG du 17 avril 2013, a notifiĂ© au concessionnaire sa volontĂ© de mettre fin Ă  la convention. C’est ainsi qu’il a lancĂ©, le 1er juillet 2013, un appel d’offres ouvert international pour choisir un opĂ©rateur plus performant. L’objectif de cette rupture, pour le gouvernement,  Ă©tait de mettre fin Ă  l’exclusivitĂ©, d’avoir une nouvelle convention qui prĂ©voit des redevances pour l’Etat, en adĂ©quation avec la loi sur le Partenariat public privĂ© (PPP) et de renforcer la qualitĂ© des plaques. Cette dĂ©cision a rencontrĂ© une farouche rĂ©sistance de la sociĂ©tĂ© Yattassaye qui n’a pas hĂ©sitĂ© deux secondes de traĂźner l’Etat devant la justice. Malheureusement, une dĂ©cision de justice a Ă©tĂ© rendue en sa faveur, bloquant du coup la procĂ©dure. Les juges ont motivĂ© leur dĂ©cision par des raisons non exhaustives suivantes : d’abord, la Cour suprĂȘme a estimĂ© que la concession initiale n°0134/MTPT-CAB du 05 mars 1996 est toujours en cours, puisque renouvelĂ©e (la lettre de non reconduction ayant Ă©tĂ© notifiĂ©e en dehors du dĂ©lai de 6 mois requis) ; ensuite, la Cour a Ă©galement indiquĂ© que l’agrĂ©ment du concessionnaire a Ă©tĂ© signĂ© le 12 avril 2001 mais notifiĂ© le 04 octobre 2001. En consĂ©quence, le dĂ©compte de la durĂ©e n’a commencĂ© Ă  courir qu’à  partir de la date d’entrĂ©e en vigueur de l’agrĂ©ment, c’est-Ă -dire sa date de notification. Enfin, la Cour a dĂ©duit que la non notification de la fin de la convention combinĂ©e Ă  la non inscription prĂ©alable de l’appel d’offres dans le plan prĂ©visionnel de passation de marchĂ©s 2013 du dĂ©partement des Transports ont lĂ©gitimement fait penser que la convention Ă©tait renouvelĂ©e.

La fuite en avant de la société Yattassaye et Fils

Nos sources prĂ©cisent que malgrĂ© sa dĂ©cision de saisir la justice et mĂȘme qu’une grosse en sa faveur lui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©e, la sociĂ©tĂ© a quand mĂȘme soumissionnĂ© Ă  l’Appel d’offres qu’elle a attaquĂ©. Il faut prĂ©ciser que cette saisine de la justice n’est intervenue que lorsqu’elle a Ă©tĂ© disqualifiĂ©e. Ce qui suscite beaucoup d’incomprĂ©hensions et des questionnements. Pourquoi avoir soumissionnĂ© pour un appel d’offres qu’elle juge illĂ©gal ? Pourquoi la sociĂ©tĂ© Yattassaye a peur de l’ouverture du secteur ?

Autant de questions qui valent leur pesant d’or.

A ce jour, le contentieux n’a toujours pas Ă©tĂ© vidĂ© au fond et la sociĂ©tĂ© Mali Plaques dĂ©tient toujours de fait, et en exclusivitĂ© sur l’ensemble du territoire national, le marchĂ© de la fabrication, de la fourniture et de la commercialisation des plaques d’immatriculation des vĂ©hicules. L’Etat du Mali, lui, reste prisonnier d’une convention expirĂ©e depuis 2013. Pire, cette sociĂ©tĂ© est implantĂ©e dans les locaux d’un service public (Office national des transports, ONT). En cela, elle est hĂ©bergĂ©e gratuitement. Elle ne paie ni l’eau ni l’électricitĂ© qui restent Ă  la charge de l’Etat. Aussi, a-t-elle bĂ©nĂ©ficiĂ© d’exonĂ©ration sur une pĂ©riode de huit ans de l’impĂŽt sur les bĂ©nĂ©fices industriels et commerciaux (BIC), et d’exonĂ©ration pendant cinq ans pour les constructions, de l’impĂŽt sur les revenus fonciers et biens d’autres avantages.

Des griefs contre Mali Plaques

La volontĂ© des autoritĂ©s de voir le secteur ouvert Ă  d’autres opĂ©rateurs plus performants part du constat que de plus en plus, les usagers se plaignent de la qualitĂ© des plaques d’immatriculation. A cause du double estampage, certaines plaques sont dĂ©colorĂ©es au bout de quelques mois. Aussi, sur une certaine distance, les Ă©critures ne sont pas lisibles et certaines plaques ne sont plus rĂ©tro-rĂ©flĂ©chissantes aprĂšs leur fixation sur le vĂ©hicule. De plus, si au dĂ©but la plaque d’immatriculation Ă©tait livrĂ©e contre le paiement de 5.500 FCFA l’unitĂ© avec la paire de plaques Ă  11.000 FCFA, elle se vend dĂ©sormais Ă  6.000 FCFA l’unitĂ© et 12.000 FCFA les deux. En outre, l’usager doit payer 1.000 FCFA pour la fixation de ses plaques. Cette augmentation est intervenue d’ailleurs sans raison valable.

Par ailleurs, certaines dispositions du cahier de charges, indiquent les indiscrĂ©tions, sont foulĂ©es au pied. Notamment l’absence de reprĂ©sentations de Mali Plaques dans toutes rĂ©gions du pays.

Joint au tĂ©lĂ©phone, le responsable de la sociĂ©tĂ©, Issa Yattassaye, affirme n’avoir pas connaissance d’un contentieux avec l’Etat. Il a promis de se renseigner auprĂšs de son service juridique sur le dossier en question.

 

MTS sur les traces de Mali Plaques

Le cas de la sociĂ©tĂ© Mali Technic SystĂšme n’a rien Ă  envier Ă  celui de la sociĂ©tĂ© Mali Plaques, rassurent les sources. Ici, c’est presque le mĂȘme scĂ©nario de faire traĂźner le processus enclenchĂ© par l’Etat.

Dans le cas d’espĂšce, la convention de concession de service public relatif au contrĂŽle technique des vĂ©hicules avec la sociĂ©tĂ© Mali Technic System (MTS) a Ă©tĂ© signĂ©e le 29 novembre 1995 pour une durĂ©e de sept (07) ans, renouvelable pour une durĂ©e de cinq (05) ans.

Tout comme dans le cas de Mali Plaques, les dispositions de la convention n’ont pas prĂ©vu de redevance pour l’Etat. C’est d’abord cette insuffisance que le Mali a voulu corriger en mettant fin Ă  ce dĂ©sĂ©quilibre Ă©conomique et financier, mais aussi pour mettre en application les dispositions de la directive n°09/2009/Uemoa qui prĂ©voit que le nombre de points de contrĂŽles sur les Ă©lĂ©ments varie au minimum Ă  soixante-quinze (75) pour les vĂ©hicules lĂ©gers et quatre-vingt-dix (90) pour les vĂ©hicules lourds, contre seulement sept (7) pratiquĂ©s au Mali depuis 1995. C’est dans cette optique qu’un appel d’offres a Ă©tĂ© lancĂ©, auquel la sociĂ©tĂ© MTS a participé ; mais elle a vu son dossier rejetĂ© pour non certification de son bilan. Comme il fallait s’y attendre, la sociĂ©tĂ© MTS a citĂ© l’Etat devant le ComitĂ© de rĂšglement des diffĂ©rends aux fins d’annulation de la procĂ©dure au motif que l’administration devait procĂ©der Ă  la prĂ©-qualification des candidats. Ce recours qui fut exercĂ© hors dĂ©lai (4 jours au lieu de 3) et statuĂ© hors dĂ©lai (15 jours au lieu de 7) a fait l’objet de la saisine de la Cour suprĂȘme Ă  l’initiative du ministĂšre de tutelle par deux recours, lesquels n’ont jamais reçu de suite.

Cependant, quelques mois aprĂšs ces recours de l’administration, la sociĂ©tĂ© MTS a introduit des recours pour solliciter le sursis Ă  l’exĂ©cution de la dĂ©cision du 11 avril 2014 du ComitĂ© de rĂšglement des diffĂ©rends qui avait validĂ© la procĂ©dure de prĂ©-qualification. La Cour suprĂȘme a ordonnĂ©, le 09 mai 2014, le sursis Ă  exĂ©cution de la dĂ©cision du ComitĂ© de rĂšglement des diffĂ©rends qui autorisait la poursuite de la procĂ©dure.

Contre cette dĂ©cision, une requĂȘte en rĂ©vision a Ă©tĂ© introduite par le dĂ©partement des Transports, laquelle n’a pas Ă©tĂ© vidĂ©e.

Toutes les tentatives d’avoir la version des responsables de la sociĂ©tĂ© sont restĂ©es vaines. Nonobstant  notre insistance, Assim Diawara, directeur technique de la sociĂ©tĂ©, ne rĂ©pond pas au tĂ©lĂ©phone.

Pour sĂ»r, ces deux contentieux entre l’Etat et ces sociĂ©tĂ©s sont pendants devant la justice.

La question est de savoir jusqu’à quand prendra fin ce petit manĂšge avec des contrats aussi dĂ©sĂ©quilibrĂ© qu’infructueux pour l’Etat ? Ces sociĂ©tĂ©s vont-elles continuer Ă  se la couler douce au dĂ©triment de l’Etat et des usagers ? Allez-y savoir.

Dieu veille!

A suivre

 

Harber MAIGA


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  1. La sociĂ©tĂ© yattassaye confectionne les plaques d’immatriculation dans 4pays d’Afrique de l’Ouest c’est une fiertĂ© pour le Mali d’avoir une entreprise nationale qui reprĂ©sente fiĂšrement notre mali dans ce domaine lĂ  des investissements massif on Ă©tĂ© fait pour l’amĂ©liorer du service et du matĂ©riel soutenons nous maintenant que le Mali traverse cette situation Harber MaĂŻga est-un dĂ©tracteur qui a reçu des pots de vins pour ce article

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