SUSPENSION DES DÉCAISSEMENTS DE LA BANQUE MONDIALE : Mauvaise nouvelle pour les contractuels des projets et programmes

L’effet des sanctions de la Cedeao et de l’Uemoa se fait de plus en plus sentir. La preuve, compte tenu de l’accumulation des échéances au titre du service de la dette publique extérieure, la Banque mondiale décide de suspendre les décaissements en faveur des projets et programmes qu’elle finance au Mali. Une mauvaise nouvelle pour les contractuels qui se trouvent dans ces projets et programmes.

Selon les derniers chiffres disponibles datant de septembre 2021, la Banque mondiale finance 19 projets nationaux et 10 projets régionaux au Mali pour un montant total d’un peu plus de 1,8 milliard de dollars (dons et prêts inclus). A peu près la moitié du budget national du pays.

Ces projets soutiennent le développement des secteurs tels que l’énergie, la reconstruction et le redressement économique, l’eau et l’assainissement, l’autonomisation des femmes, le dividende démographique, l’éducation et la santé.

Sa décision de suspendre les décaissements en faveur des projets et programmes qu’elle finance au Mali, en raison de l’accumulation des échéances au titre du service de la dette publique extérieure pendant plus de 45 jours, indiqué dans le communiqué du ministre malien de l’Economie dans une correspondance signée le 14 avril courant adressée aux coordinateurs des projets et programmes et rendue publique mardi, est désormais l’épineuse équation que devrait résoudre les autorités de la Transition.

Approché par la rédaction de Azalaï, un employé du système international qui a souhaité garder l’anonymat confie que le gouvernement malien ne pourra pas réaliser les activités ou projets financés par la Banque mondiale. Pour lui, certains contractuels qui travaillent sur ces projets ne seront pas payés avant la levée des sanctions. Un risque de chômage pèse sur ces travailleurs à moins que les négociations entre la Cedeao et le Mali n’aboutissent. « Dès que la Cedeao lève les sanctions, tout pourrait redevenir normal. Donc, le Mali doit obtenir un chronogramme au plus vite avec ses pairs de la Cedeao », propose la source.

Tout de même, elle se réjouit que les ONG humanitaires qui reçoivent des subventions et le secteur privé seront épargnées.

A noter que lors de son passage devant le Conseil National de la Transition, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga n’a pas voulu donner de détails sur la stratégie adoptée par le gouvernement pour faire face à cette suspension du décaissement de la Banque mondiale.

Abdrahamane Baba Kouyaté

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