RAMTANE LAMAMRA SUR FRANCE 24 ET RFI : « Nous reconnaissons à chaque pays africain souverain le droit d’organiser sa défense… »

Dans un entretien accordé à France 24 et Radio France internationale (RFI), le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, est revenu sur la situation politico-sécuritaire au Mali. Le chef de la diplomatie algérienne révèle que son pays reconnaît à chaque pays africain souverain le droit d’organiser sa défense nationale de la manière qui lui semble la plus appropriée. 

Au cœur de la polémique suite notamment à son désir de vouloir élargir son champ de partenariat à l’aspect défense et sécurité, le Mali fait face à de nombreux défis et semble payer le prix de sa collaboration avec la Russie. Si le résultat de cette collaboration, surtout militaire, est salvateur sur le terrain, la campagne médiatique contre le pays va de bon train.

Dans un entretien accordé concomitamment à France 24 et à RFI, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, revient sur la question et souligne que le Gouvernement malien à une autre version qui n’est autre que l’existence d’un accord avec le gouvernement russe. « D’ailleurs, c’est ce que le gouvernement russe dit », ajoute-t-il. Face à l’insistance des confrères des deux chaines françaises, le ministre des Affaires étrangères lance : « Si vous me posez des questions de principe par rapport à la position de l’Algérie à l’égard de toutes les forces étrangères en Afrique, je dirais que notre position est doctrinale ; qu’elle est établie une fois pour toute, et que nous sommes contre la présence étrangère, quelle que soit la nationalité, sur le continent africain ». Avant de renchérir : « Néanmoins, nous reconnaissons à chaque pays africain souverain le droit d’organiser sa défense nationale de la manière qui lui semble la plus appropriée ». Alors, l’Algérie ne jettera la pierre à personne pour avoir fait appel à la France ou à la Russie, a précisé le ministre Lamamra.

A la question de savoir si son pays aurait laissé passer des  avions militaires russes remplis d’hommes et d’équipement, le chef de la diplomatie algérienne rétorque : « Sauf décision souveraine de l’Algérie ou d’une organisation internationale dont les décisions seront obligatoires pour les Etats membres, le reste c’est le principe de la liberté de la navigation aérienne. Donc, si les avions russes, français, chinois ou autres survolent le territoire algérien, cela ne constitue absolument pas un événement de nature politique ».

Dans la dynamique de promotion des solutions pacifiques, l’Algérie considère que l’Union africaine devrait pouvoir disposer des moyens et faire preuve de la volonté politique nécessaire pour apporter des solutions africaines aux problèmes de l’Afrique. A défaut, « il est naturel que des solutions alternatives comme celle qui ont prévalu jusqu’à présent puisse avoir lieu, de telle sorte que les groupes terroristes ne fassent pas qu’une bouchée de ce grand pays névralgique si important pour la paix et la sécurité de toute la région.  J’espère qu’il a de l’espace pour la raison et la démarche qui puisse être respectueuse de la souveraineté nationale du Mali comme il se doit. Il y a des solutions autres que les faits accomplis », souligne-t-il.

Cette intervention du ministre algérien des Affaires étrangères est un signal fort pour le Mali, en quête de partenaire crédible, capable de l’aider à atteindre des objectifs pour la sauvegarde de la souveraineté nationale.

 

Abdrahamane Baba Kouyaté

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