Refus d’Assimi Goïta de prendre part au sommet d’Accra : La Cedeao s’en offusque et maintient ses sanctions

Les chefs d’Etat de l’organisation régionale ne décolèrent pas contre les autorités de la Transition. A l’issue du sommet du vendredi 25 mars à Accra, ils ont regretté le refus du président Goïta de répondre à leur invitation et ont décidé du maintien des sanctions contre le Mali. Aussi, donnent-ils des ultimatums aux putschistes en Guinée et au Burkina.

Une transition de 12 à 16 mois maximum, c’est la principale exigence de la Cedeao aux autorités maliennes, selon le communiqué final du sommet. Il informe qu’au-delà du Mali, la Guinée et le Burkina Faso ont aussi eu leur dose. Ces deux pays sont sommés de présenter d’ici le 25 avril prochain, soit un mois, un délai « acceptable » pour un retour à l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions. S’agissant du Burkina, la conférence des Chefs d’Etat a aussi menacé les autorités de transition de sanctions si l’ancien Président Roch Marc Christian Kaboré n’est pas élargi d’ici une semaine, c’est-à-dire le jeudi 31 mars prochain.

Cette session extraordinaire, convoquée dans le but d’examiner les récentes évolutions politiques intervenues au Mali, en Guinée et au Burkina Faso depuis le dernier sommet extraordinaire tenu le 3 février 2022, a pris des grandes résolutions.

Selon le communiqué final, les chefs d’État et de Gouvernement ont, d’abord, examiné le rapport présenté par Goodluck Ebele Jonathan sur la situation au Mali, ainsi que les rapports des missions ministérielles en Guinée et au Burkina Faso, présentés par Shirley Ayorkor Botchwey, ministre des Affaires étrangères du Ghana et Présidente du conseil des ministres de la Cedeao.

Ils ont également examiné les memoranda sur les situations politique et sécuritaire au Burkina Faso, en Guinée et au Mali, présentés par Jean-Claude Kassi-Brou, Président de la Commission de la Cedeao.

Concernant la situation sociopolitique du Mali, le communiqué a indiqué que la Conférence note que la situation sécuritaire et humanitaire continue de se dégrader au Mali avec les attaques de groupes terroristes causant des victimes militaires et civiles.

Elle note que, lors de la dernière mission du Médiateur de la Cedeao du 18 au 20 mars 2022, les autorités de la Transition ont proposé un chronogramme de 24 mois, soit deux (2) ans en plus des 18 mois déjà écoulés.

Cependant, la Conférence note que, compte tenu de la conjoncture politique et sécuritaire mondiale, il est urgent de parvenir à un accord sur le chronogramme, afin d’éviter la dégradation de la situation du pays.

Le document rapporte que la Conférence regrette l’indisponibilité du président de la Transition à honorer en personne l’invitation qui lui a été faite de participer au sommet en vue de trouver une solution à la situation actuelle au Mali.

Ainsi, ils ont décidé d’engager les autorités de la Transition à s’inscrire dans une période complémentaire de 12 à 16 mois arrêtée par l’équipe technique de la Cedeao/UA/NU pour l’extension de la Transition, tenant compte des activités nécessaires à l’organisation de l’élection présidentielle. Ce délai complémentaire, dit le communiqué, court à partir du 15 mars 2022. Pour ce faire, la Conférence a décidé de l’envoi du Médiateur pour poursuivre et finaliser les discussions avec les autorités de la Transition sur le chronogramme. En outre, elle a décidé de maintenir les sanctions prises le 9 janvier 2022 ; de poursuivre le dialogue en vue d’arriver à un accord qui permettrait la levée progressive des sanctions ; d’inviter les partenaires à accroître le soutien humanitaire au Mali.

Hamadoun MAHAMANE

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