Afrique de l’Ouest : Le pronostic vital de la CEDEAO est engagé !

La Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) est sur le point de disparaître. Et pour cause, sa crédibilité a pris un sacré coup suite à la crise malienne. Très remontée contre les militaires au pouvoir, plus elle prend des sanctions plus les peuples de la sous-région se radicalisent et comprennent aisément que la Cedeao un instrument qui fonctionne au gré de l’humeur de la France et de l’Occident pour assouvir leurs désirs et veiller sur leurs intérêts dans la sous-région.

Plus rien ne va entre l’institution sous-régionale et son peuple. Cela est un fait indéniable. Suite aux sanctions jugées « inhumaines et cruelles » contre le peuple malien, la Cedeao s’est vue décriée à travers l’ensemble des pays de la sous-région, et même au-delà. A travers ces mesures, ils sont nombreux ceux qui ont vu la main de la France derrière.

En effet, Paris joue à se découvrir en Afrique ; en témoigne l’annonce des sanctions contre le Mali par Florence Parly, ministre des Armées, à Dakar, une semaine avant la tenue du sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cedeao qui a entériné ces sanctions. S’en est suivie une escalade verbale entre Paris et Bamako, qui finirent par faire comprendre au monde, et particulièrement les peuples de la Cedeao, que leurs présidents ne sont que des pantins ou des gouverneurs de l’ancien colonisateur, dont ils reçoivent des ordres, quitte à aller à l’encontre des intérêts de leurs peuples. La réaction de ces derniers ne s’est point fait attendre. Au Mali, les opposants aux autorités de la transition ont marché aux côtés des militants et mordus de la cause de l’idée de la prolongation. La France s’est découverte. Ensuite, une subite réveille des consciences chez les peuples de la Cedeao s’en est suivie. Une marée humaine a pris d’assaut les rues maliennes, de l’Afrique et du monde. Au lendemain d’une manifestation de soutien au peuple malien, Roch Marc Kaboré du Burkina se fait déposer. Depuis, des présidents comme Alassane Dramane Ouattara, Mohamed Bazoum et autres Maky Sall ont perdu la sérénité et dirigent dans la peur et la crainte.

Des observateurs estiment que c’est par peur de subir le même sort que Rock qu’ils ont décidé de la tenue du sommet sur la situation du Burkina par visioconférence. Personne ne veut prendre le risque de se voir empêcher d’atterrir après le sommet qui a pris des sanctions contre le Faso.

Pourtant, aucun d’entre eux n’est à l’abri du cas Roc Kaboré. La position de la France vis-à-vis des autorités de la transition malienne décrédibilise ce pays et les institutions régionales et sous-régionales ouest-africaines. Les peuples, de plus en plus, doutent de leurs dirigeants et sont convaincus que les Maliens sont sur la bonne voie dans la reconquête de leur souveraineté et le rétablissement de leur dignité. Dans cette situation d’incertitude, tout peut arriver.

S’il y a un président qui ne dort plus, c’est certainement Bazoum du Niger. Et pour cause, à la tête d’un pays spécialisé en coup de force, avec une opposition très bien structurée, ayant en son sein un ancien général de l’armée, ancien président de transition, il a raison de rester sur ses gardes. Car ici, tout peut arriver à tout moment.

Le fâché et même très fâché contre les autorités maliennes reste le président sénégalais, Maky Sall. Lui qui affronte déjà une opposition super organisée, qui lui a créé des misères lors des municipales de la semaine dernière, en lui arrachant toutes les grandes communes du pays. En plus de se voir contraint de renoncer à son projet de troisième mandat qu’on l’accuse de mijoter, il est obligé désormais de veiller sur ses arrières. On ne sait jamais d’où le coup peut venir.

Pour le cas togolais, la grande sérénité de Faure Gnassingbé  risque de se transformer en cauchemar s’il venait à perdre la confiance de l’armée, malgré qu’elle soit fortement composée de son « ethnie ». Il en est de même pour le jeune général Kaka Deby du Tchad, que les observateurs accusent d’être un poulain de la France. Ce pays est plus que jamais fragilisé en Afrique et la rupture du cordon ombilical n’est qu’une question de mois, en tout cas au Mali.

Pour sûr, la Cedeao souffle le chaud et le froid en Afrique de l’Ouest et son pronostic vital est désormais engagé.

 

Dieu veille!

 

Harber MAIGA

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