TRANSITION AU MALI : L’imminence d’un remaniement ministériel

Avec la relecture annoncée de la Charte, le conseil des ministres extraordinaire, tenu ce vendredi 4 février, amorcera certainement un nouveau tournant dans la conduite de la transition. Les nouvelles réformes sont essentiellement dictées par les résolutions des Assises nationales de la refondation (ANR).

« Suppression du poste du vice-président et de certains postes ministériels, augmentation du nombre des membres du Conseil national de Transition, adaptation de la durée de la transition aux recommandations des Assises nationales de la refondation ». Ce sont là les grandes décisions prises par le Conseil des ministres extraordinaires du vendredi 4 février 2022.

La suppression du poste de vice-président était attendue depuis longtemps avec le limogeage du président Bah N’Daw et de son Premier ministre Ouane. L’éviction de M. N’Daw avait conduit à l’intronisation du colonel Assimi Goïta, alors vice-président, en qualité de président de la Transition. Cela est resté un couac dans la Charte que cette modification va permettre de corriger. Le second point concernant la suppression de trois portefeuilles ministériels est aussi une correction des dispositions de la Charte, reprises par les ANR. Quant à l’augmentation du nombre des membres du CNT, elle vise à répondre à un vœu de certains acteurs. Une façon de contenter des regroupements socio-politiques qui estiment que le CNT n’est pas assez inclusif.

Le dernier point et non moindre reste l’adaptation de la durée de la Transition aux résolutions des ANR. L’on se rappelle que ces dernières avaient indiqué une prolongation de 6 mois à 3 ans. Et qu’à la suite, les autorités de la Transition ont proposé 5 ans à la Cedeao. Toute chose qui a provoqué la colère de l’organisation sous-régionale qui a ainsi imposé au Mali des sanctions jugées « inhumaines et disproportionnées ». Maintenant, il faut attendre de voir qu’elle nouvelle date elles vont choisir dans cette fourchette comme durée de la Transition. Plusieurs indiscrétions rapportent à ce sujet qu’elle serait de deux ans. Ce qui semble raisonnable et même admissible pour la communauté internationale.

Pour revenir au premier point concernant l’attelage gouvernemental, ils sont nombreux ceux qui soutiennent qu’au-delà de la suppression des trois portefeuilles, c’est carrément l’équipe qu’il faut changer, avec un autre Premier ministre capable de faire l’unanimité au sein des acteurs socio-politiques.

En attendant, c’est déjà la panique au sein de l’actuel gouvernement, parce que quoi qu’il advienne, il y aura des sorties fracassantes, des entrées remarquables et des jeux de chaises musicales.

Dieu veille !

Harber MAIGA

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