SANCTIONS ECONOMIQUES CONTRE LE MALI : Le gouvernement supplie les partenaires
De plus en plus, notre Ă©conomie se trouve impactĂ©e par les affres des sanctions Ă©conomiques illĂ©gales et illĂ©gitimes qui nous ont Ă©tĂ© infligĂ©es par la Cedeao, appuyĂ©e par une importante partie de la communautĂ© internationale. Conscient des difficultĂ©s auxquelles nous faisons face, comme une sorte de bataille difficile Ă gagner, le gouvernement a adressĂ© une dĂ©claration Ă diffĂ©rentes institutions au sujet des sanctions de la Cedeao et de lâUemoa. Mais cette dĂ©claration peut aussi ĂȘtre le signe annonciateur dâun bouleversement.
La Cour de justice de lâUemoa a, par ordonnance n°06/2022/CJ du 24 mars 2022, ordonnĂ© le sursis Ă exĂ©cution des sanctions prononcĂ©es par la ConfĂ©rence des chefs dâEtat et de Gouvernement de lâUemoa. A la surprise gĂ©nĂ©rale, les acteurs de ces sanctions font fi de cette dĂ©cision qui permettrait Ă lâEtat malien de respirer Ă©conomiquement. Face Ă cette situation rocambolesque, dans un communiquĂ© officiel, le gouvernement a sollicitĂ© la clĂ©mence des partenaires.
Dans sa dĂ©claration, le gouvernement constate avec regret, quâen dĂ©pit de la double notification qui lui a Ă©tĂ© faite, par le Mali et par la Cour, la Commission et la ConfĂ©rence nâont pas daignĂ© exĂ©cuter cette ordonnance qui est dâapplication immĂ©diate et insusceptible de recours. Ces sanctions violent allĂšgrement les rĂšgles communautaires, notamment les dispositions garantissant lâindĂ©pendance de la Banque centrale des Etats de lâAfrique de lâOuest (Bceao).
En imposant des sanctions financiĂšres et Ă©conomiques, la Cedeao ne disposant pas dâinstruments lui permettant de sâassurer de leur exĂ©cution, sâest appuyĂ©e sur les outils de lâUemoa. A partir du moment oĂč la dĂ©cision de lâUemoa est remise en cause, la Cedeao devrait Ă son tour suspendre lâexĂ©cution des sanctions prononcĂ©es. Le gouvernement dĂ©nonce avec force cette attitude qui constitue un flagrant dĂ©ni de justice et tranche avec les exigences de lâEtat de droit, lesquelles imposent le respect des dĂ©cisions de justice.
Au regard de lâimpact humain et social considĂ©rable des sanctions sur les populations du Mali mais Ă©galement sur ceux des pays de la sous-rĂ©gion, et en raison de la dĂ©cision de la juridiction communautaire ordonnant le sursis Ă leur exĂ©cution, le gouvernement prend Ă tĂ©moin la communautĂ© nationale et internationale face au non-respect par lâUemoa de ses propres textes et aux dangers que cela constitue pour la crĂ©dibilitĂ© et la fiabilitĂ© de cette institution.
Le gouvernement appelle la Cedeao, lâUnion africaine et lâorganisation des Nations Unies Ă sâengager activement, afin que lâUemoa se conforme Ă la lĂ©galitĂ© internationale et aux dĂ©cisions de son propre organe de contrĂŽle juridictionnel. Les organisations internationales et rĂ©gionales sont en effet bĂąties sur le principe de subsidiaritĂ© et la sacro-sainte rĂšgle du respect des textes auxquels tous les pays ont librement souscrit.
Au lieu de cĂ©der Ă la demande de la communautĂ© internationale, les autoritĂ©s maliennes se demandent si la ConfĂ©rence des chefs dâEtat et de gouvernement de cette institution de mĂȘme que les autres organes exĂ©cutifs seraient au-dessus du droit communautaire dont ils tirent leur source. Il y a lieu de se demander sâil ne sâagit pas dâune politique de deux poids et deux mesures, motivĂ©e par un acharnement visant Ă asphyxier le peuple Malien. Cette posture est influencĂ©e par des agendas et pressions extĂ©rieurs Ă peine voilĂ©s pour punir un peuple pour ses choix politiques et obtenir par ces manĆuvres un changement de rĂ©gime.
Le gouvernement de la RĂ©publique du Mali, tout en rĂ©affirmant sa dĂ©termination Ă Ćuvrer pour un retour Ă lâordre constitutionnel normal, rĂ©itĂšre sa disponibilitĂ© au dialogue et Ă la concertation en vue de parvenir Ă un compromis acceptable avec les organisations sous rĂ©gionales. Un tel compromis doit nĂ©cessairement concilier les aspirations des Maliens Ă la paix, Ă la sĂ©curitĂ©, aux rĂ©formes politiques et institutionnelles avec les attentes de la rĂ©gion et de la communautĂ© internationale.
Oumar KONATE
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