Malnutrition : 36 cercles en phase d’alerte

En plus des crises sécuritaire et sanitaire qui sévissent au Mali, les populations sont menacées par la malnutrition. Selon l’organisation humanitaire des Nations unies, Ocha, 36 cercles sur 51 sont concernés par le phénomène.

Sur la situation nutritionnelle nationale en 2021-2022, 15 cercles, 6 communes de Bamako, y compris les sites des populations déplacées internes, ont été concernés par l’étude de Ocha. Ainsi, selon ses analyses, les 51 cercles et les six communes du district de Bamako, y compris les sites des populations déplacées internes, reparties dans quatre régions (Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao), ont été analysés séparément. Au total, plus de 1,2 million d’enfants âgés de 6 à 59 mois souffriront de la malnutrition aiguë et auront besoin de traitement au niveau national. Ce, entre septembre 2021 et août 2022, soit une augmentation de 53%, comparativement à l’année précédente. En ce qui concerne les cas de malnutrition aiguë sévère (MAS), Ocha les évalue à 309 824 sur la même période, soit une augmentation de 48% des cas à prévoir comparativement à l’année précédente. Cependant, elle estime que 35 343 femmes enceintes et allaitantes pourraient souffrir de malnutrition aiguë, similaire aux estimations de l’année précédente.

Quant à la localisation de ces personnes, l’organisation internationale soutient qu’entre octobre 2021 et mai 2022, 36 cercles sont en phase « Alerte » (IPC Phase 2), notamment tous les cercles des régions de Koulikoro, Sikasso et Kidal, toutes les communes du district de Bamako, plusieurs cercles des régions de Mopti, Kayes et Tombouctou. Ainsi, il y aurait 16 cercles en phase « Sérieuse » (IPC Phase 3), notamment tous les cercles des régions de Ségou et de Gao, ainsi que certains cercles des régions de Kayes, Tombouctou, Ménaka et Mopti. Et d’ajouter que plus grave, trois cercles sont en phase « Urgence » (IPC Phase 4) dans les régions de Ménaka et Kayes.

En situation projetée, Ocha indique que la situation d’octobre 2021- mai 2022 pourrait se détériorer à partir du mois de juin 2022, avec plusieurs zones qui pourraient basculer en phase « Sérieuse » (IPC Phase 3) dans les régions de Koulikoro, Mopti, Tombouctou et Kidal. Elle informe qu’il y a deux nouveaux cercles qui ont basculé en phase « Urgence » (IPC Phase 4) dans les régions de Mopti et de Kayes, en plus de ceux des régions de Ménaka et de Kayes.

S’agissant des raisons de cette malnutrition, l’étude précise que le poids des facteurs contributifs à la malnutrition aiguë varie d’une unité d’analyse à une autre. Cependant, elle retient que pour les cercles classés en phase « Sérieuse ou plus » (IPC Phase 3 ou +), un apport alimentaire inadéquat et des pratiques d’allaitement non adaptées, notamment chez les plus jeunes (Anje), jouent un rôle majeur. A cela, elle ajoute l’anémie très enlevée, qui joue un rôle majeur en lien avec les morbidités (le paludisme notamment et une qualité de la diète médiocre). Ensuite, elle indexe les maladies infantiles telles que la diarrhée et les IRA, ainsi que le paludisme qui varient de déterminants mineurs à majeurs selon leur saisonnalité respective.

Source : Ocha

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