Une rĂ©action Ă  la contribution «Me Tall a votĂ© le nouveau Code» : «Il ne s’agit pas d’une opportunitĂ© politique Ă  saisir»

En septembre 2009, le débat autour du Code des personnes et de la famille suscite de vives tensions au Mali. Cette réaction publiée dans le journal Le Républicain apporte un éclairage sur la position défendue autour de Me Mountaga Tall et du CNID.

Article d’archive — Publication originale : Le RĂ©publicain, 25 septembre 2009.
Texte repris sur le blog de Me Mountaga Tall. Version fidÚle conservée et reproduite intégralement.

Une rĂ©action Ă  la contribution « Me Tall a votĂ© le nouveau Code » : « Il ne s’agit pas d’une opportunitĂ© politique Ă  saisir »

Mise au Point suite Ă  l’article de M. Mamady Mary Kéïta paru dans le numĂ©ro 2945 du journal « Le RĂ©publicain »

Dans un article intitulĂ© « Me Tall a votĂ© le nouveau code de la famille : Il est passĂ© Ă  cĂŽtĂ© d’une belle victoire politique », El Hadj Mamadou Mary Kéïta IngĂ©nieur en retraite Ă  Lafiabougou, revient sur le vote de Me Tall sur le Code des Personnes et de la Famille avec cette conclusion pĂ©remptoire : « Si donc les militants du CNID espĂšrent avoir quelques bĂ©nĂ©fices politiques du vote des musulmans, ils devront conseiller leur prĂ©sident Ă  rester logique jusqu’au bout, dĂ©fendre les prĂ©ceptes de l’Islam Ă  l’AssemblĂ©e Nationale et voter Non quand ces prĂ©ceptes sont bafouĂ©s par le code ».

Avant de revenir sur chacun de ces points, je voudrais continuer Ă  croire que El Hadj est intervenu et continue Ă  intervenir dans ce dĂ©bat en tant que citoyen et musulman non en tant qu’adversaire politique de MaĂźtre Mountaga Tall. Je dis cela en raison de sa signature et de ses qualitĂ©s qui composent son titre de El Hadj, Fonctionnaire Ă  la retraite.

Je voudrais aussi saluer l’humilitĂ© de Mr Kéïta qui a reconnu s’ĂȘtre trompĂ© et prĂ©sentĂ© des excuses Ă  DiamoutĂ©nĂ©, le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Haut Conseil Islamique. En cela il s’est conduit en bon musulman. Me proposant de dĂ©montrer qu’il s’acharne Ă  tort sur Me Tall peut-ĂȘtre aurait-il la mĂȘme humilitĂ© avec des informations plus complĂštes ? Peut-ĂȘtre.

Cela dit, le Code des Personnes et de la Famille ne relĂšve pas pour le Cnid de son PrĂ©sident d’une quĂȘte de bĂ©nĂ©fice politique Ă  engranger. Loin s’en faut et pour preuve je vous invite Ă  lire ces passages contenus dans la profession de foi du candidat Mountaga Tall lors de l’élection prĂ©sidentielle de 2002 et dans le projet de sociĂ©tĂ© du Cnid :

« L’Homme, dĂ©cideur pour l’avenir et le devenir du Mali est d’abord en quĂȘte de spiritualitĂ© :

– La laĂŻcitĂ© de l’Etat reconnue et rĂ©affirmĂ©e non comme irrĂ©ligiositĂ© ambiante mais comme la nĂ©cessitĂ© de reconnaĂźtre la libertĂ© de culte et d’aider positivement les croyants Ă  accomplir leurs obligations religieuses.

– Le respect scrupuleux des convictions religieuses en matiĂšre de statut personnel (mariage, filiation et succession).

C’est fort de cette conviction que j’ai initiĂ© en 1994 une proposition de loi sur la lĂ©galisation du mariage religieux.

Le Malien vit aussi dans un contexte social et culturel qu’il convient de prĂ©server. A cet Ă©gard la famille sera protĂ©gĂ©e et l’autoritĂ© parentale renforcĂ©e, les prĂ©rogatives des chefs religieux et coutumiers seront rĂ©affirmĂ©es, les valeurs sociĂ©tales positives seront prĂ©servĂ©es ».

Poursuivant avec des mesures concrĂštes Ă  adopter il proposait entre autres (juste les 10 premiĂšres propositions) :

« II. INTEGRONS NOS VALEURS RELIGIEUSES ET SOCIETALES

Jamais un Etat ne s’est dĂ©veloppĂ© au mĂ©pris de ses valeurs sociĂ©tales, culturelles et religieuses. Nous pensons profondĂ©ment et sincĂšrement qu’assumer ces valeurs est un impĂ©ratif pour notre dĂ©veloppement et notre Ă©panouissement individuel et collectif.

Nous devons redonner Ă  nos chefs religieux, Ă  nos chefs de villages, de quartiers, de fractions et Ă  nos leaders d’opinion, la place qui est la leur dans notre sociĂ©tĂ©.

Nous devons également renforcer nos valeurs de solidarité.

A cette fin :

1. Légalisons les mariages religieux et coutumiers qui constituent, de fait, le droit commun pour la grande majorité des Maliens.
2. Réduisons les frais pour se rendre aux lieux saints par une meilleure capacité de négociation des conditions de voyage et de séjour.
3. Faisons l’acquisition d’une maison du Hadj Ă  la Mecque pour le sĂ©jour de nos pĂšlerins dans de meilleures conditions.
4. Soutenons les principaux lieux de culte par des subventions ou autres mesures progressives et compatibles avec les possibilitĂ©s financiĂšres de l’Etat.
5. Maintenons le droit d’option pour les successions car nul n’a le droit d’imposer Ă  l’autre une lĂ©gislation sur le statut personnel incompatible avec ses convictions sociales et religieuses du plus grand nombre.
6. RĂ©amĂ©nageons le calendrier scolaire et les fĂȘtes lĂ©gales en fonction des principales fĂȘtes religieuses.
7. InsĂ©rons les Ă©coles confessionnelles dans le systĂšme Ă©ducatif officiel au lieu d’en faire ses sous-produits.
8. Redonnons Ă  l’autoritĂ© parentale sa place dans l’éducation de nos enfants.
9. Interdisons les dĂ©bits de boissons, dancings et maisons closes dans les quartiers rĂ©sidentiels et adoptons une rĂ©glementation d’ensemble Ă  leur sujet.
10. Introduisons l’enseignement religieux facultatif dans les Ă©coles fondamentales et secondaires pour permettre aux parents qui le dĂ©sirent de faire bĂ©nĂ©ficier leurs enfants de cette connaissance. Etc


VoilĂ  le point de vue du Cnid sur cette question depuis 1994. Et comme toute personne de bonne foi peut le constater il ne s’agit pas d’une opportunitĂ© politique Ă  saisir mais d’une conviction profonde qui a Ă©tĂ© dĂ©fendue par Me Tall lors du dĂ©bat sur le Code. Vous comprendrez dĂšs lors qu’on ne saurait aujourd’hui parler de revanche. Et d’ailleurs une revanche de qui et sur quoi ?

Pour votre information et celle du public voilĂ  ce qui s’est passĂ© : c’est en commissions des Lois que MaĂźtre Tall a dĂ©posĂ© des amendements sur les points aujourd’hui en discussion Ă  savoir entre autres sur la lĂ©galisation du mariage religieux, la dĂ©finition du mariage, l’autoritĂ© de dispense sur l’ñge du mariage, les successions avec en particulier la prise en compte du vĂ©cu du dĂ©funt
 Sur ces points il a Ă©tĂ© mis en minoritĂ©, pire isolĂ© avec une seule voix pour le soutenir.

Ces faits sont vĂ©rifiables, incontestables, constituent la VĂ©ritĂ© et ne constituent en aucun cas un « vote en faveur d’un code qui contredit ouvertement des sourates du coran ». Sans hypocrisie.

Et la seule belle victoire qui vaille pour le Cnid et son président dans cette affaire est un Code dans lequel tous les Maliens se reconnaßtront et qui assurent tous : hommes et femmes, laïcs et religieux, urbains et ruraux.

Assalam Aleykoum Cher frĂšre en Islam !

Gallo Rah
Membre du Comité Directeur du CNID FYT

Le Républicain, 25/09/2009


🔎 À lire aussi :

Retrouver également la version archive sur le blog patrimonial :
mountagatallcom.wordpress.com

—
© Boubakar SiDiBÉ | Mali Buzz TV — Tous droits rĂ©servĂ©s


En savoir plus sur Mali Buzz TV

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

About The Author

Vous pourriez ĂȘtre intĂ©ressĂ© par

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Mali Buzz TV

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accùs à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture